X® 'Eclaire. ; discussion de la 3° objection
2. Malebranche ajoute, addition pour nous très instructive : « J'ai parlé » d'une autre manière, mais on doit juger que ce n'était que pour rendre
• quelques-unes de mes preuves plus fortes et plus sensibles. » [Ibid.)
dont Dieu touche mon âme à la présence des corps qu'il me fait connaître ^ Mais, ni ces sentiments de couleurs, ni proprement ces corps ne sont en lui. a L'étendue con- » eue sans couleur est l'idée de tous les corps sans cette )^ modification de l'âme. Elle est donc générale et tou- » jours la même. Elle peut être vue par tous les esprits » parce qu'effectivement l'étendue intelligible, aussi bien » que les noinbres, ne sont point des êtres créés et parti- » culiers. Mais la couleur rend particulière cette étendue » intelligible ^ » Qu'Arnauld ne feigne pas d'entendre que l'on attribue de la sorte à l'âme une faculté de sentir arbitraire et capricieuse ^ Son apologue de la statue qu'un admirateur de saint Augustin demande à un sculpteur et du bloc de marbre qu'offre ce dernier pour toute réponse, attendu que, pour dégager saint Augustin de ce bloc, il suffit d'élaguer avec le ciseau tout le marbre qui est de trop, cette sarcastique fable*, disons-nous, porte entièrement à faux. Mais, à vrai dire, Malebranche serait en droit de reprendre à son compte l'allégorie, c. Les sentiments des cou- » leurs, lisons-nous dans le premier Entretien métaphy- » sique, étant essentiellement différents, nous jugeons par » eux de la variété des corps. . . ; de même que l'on peut » par l'action du ciseau former d'un bloc de marbre toutes » sortes de figures, Dieu peut nous représenter tous les
1. Ce sentiment pourrait se produire en moi, quand même il n'y aurait pas de corps présent ; mon jugement que tel corps existe puisque j'éprouve tel sentiment est donc une fausse conclusion. [Réponse aux \ raies et aux Faîisses Ide'es, ch. xiii.)
2. Contre la prévention (réponse à la seconde des lettres posthumes
d'Arnauld).