VP Entret. met
MALEBRANCHE loo
>> selon certaines lois générales, elle devait l'être unique- » ment par rapport à la beauté de l'ouvrage que Dieu vou- » lait former ». » Vue très belle et d'une finalité discrète, à laquelle il faut regretter que Malebranche ne se soit pas tenu 2 : la nature, en son évolution, obéit à des règles nécessaires ; mais, à la source même de ce déterminisme, a surgi une pensée d'ordre, d'harmonie et de beauté, sur le patron de laquelle le plan des choses fut tracé. L'acte créateur et le choc initial échappent au mécanisme qui devait en gouverner à jamais les conséquences. Tout, dans la nature, est nécessairement enchaîné, tout si ce n'est l'apparition de la nature elle-même.
La métaphysique de la Vision et de l'Action en Dieu relèverait ainsi d'un principe du mieux qui subordonnerait le mécanisme universel à une harmonieuse finalité. Par là nous serait également dictée la vraie morale. Puisque Dieu est le foyer des intelligences et l'unique moteur des activités, nous n'avons qu'un devoir : le connaître et l'aimer, regarder attentivement en lui, aspirer et tendre volontairement vers lui. Ce devoir, n'est-ce pas notre être même de l'accomplir? Tout ce qui agit, avec conscience d'agir, ne s'élève-t-il pas spontanément et invinciblement à Dieu, suprême bien, but mystique vers lequel montent à Penvi les amours et les désirs? Une action qui n'aurait pas l'Être infini pour objet au moins indirect serait en dehors du réel et de Pintelligible, une contradiction morale. La faute même se réduit à une interruption de ce mouvement ;