X° Entret. métaph
2. C'est ainsi que dans le X77'' Entretien, Malebranche se laissa entraîner à des excès de finalisme qui rappellent les naïvetés si souvent reprochées à Pline l'Ancien.
aussi n'a-t-elle pas d'essence. Proprement, « le péché n'est
rien ».
Cette loi d'attraction universelle vers la Bonté créatrice régit le monde des esprits aussi impérieusement que, selon une découverte prochaine, une autre gravitation gouvernera l'univers des corps. Le principe de toute connaissance est aussi la fin de toute liberté. Ce principe, cette fin est Dieu. « Parce que sa puissance et son amour » ne sont que lui, croyons, avec saint Paul, qu'il n'est » pas loin de chacun de nous, et que c'est en lui que nous )) avons la vie, le mouvement et l'être : Noix longe est » ah wioqiioque nosirum ; in ipso enim vivimus, mo- » verniir et sianns * ».
§ lY. Idéalité virtuelle du monde extérieur.
I. Demander si la philosophie dont nous venons de retracer les grandes lignes mérite le nom d'idéaliste serait poser une question bien tardive à laquelle l'exposé qui précède aurait d'avance répondu. Le titre seul de Vision en Dieu, communément assigné au système, ne laisse guère de place au doute. Si Malebranche était réellement et foncièrement réaliste, c'est-à-dire s'il attribuait à nos facultés le pouvoir de prendre directement possession des objets de notre science , il n'avait que faire de construire cette vaste machine théologique. A quoi bon, si notre âme perçoit intuitivement les êtres, placer au centre des existences une sorte de divin miroir qui réfléchirait dans toutes les directions, renverrait à tous les esprits les claires