‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 84 sur 235 · Jhid · texte numérisé non relu

Jhid

mune prémisse empruntée à Descartes : que Dieu n'est point trompeur. La véracité divine une fois admise, il suffit à Arnauld d'alléguer : 1° notre persuasion de parler depuis que nous existons; 2'' la variété des langues; 3° les paroles blasphématoires contre Dieu; 4° récriture; ^^ le grand nombre de livres que nous nous souvenons d'avoir lus et que nous savons bien n'avoir point écrits; 6° Fathéisme de certains de ces livres ; 1^ les sentiments de douleur à l'approche du feu, la faim, la soif; 8° le fait que, quand on ouvre les yeux, on reçoive les sentiments de lumière K Malebranche se borne à répondre que ces huit raisonnements forment, peut-être, d'assez bonnes preuves, mais sont, dans tous les cas, de fort méchantes démonstrations ^ Encore leur fait-il bien de l'honneur de les décorer du nom de preuves. Ce sont là tout au plus de simples observations d'un bon sens superficiel, qui se retourneraient assez promptement contre la thèse même qu'elles ont charge ' d'appuyer. Ce sont arguments à deux anses, que chacune des thf^ories adverses peut tirer à elle et retenir.

Dans le sixième de ses Eclaircissements, Malebranche s'est décidément attaqué au problème transcendantal. Il a l'intention bien arrêtée de conclure à l'existence des corps. Mais, en le lisant, on se demande, comme il nous est arrivé plus haut avec Descartes : qui voudrait mettre hors de discussion la non-existence des corps tiendrait-il donc un autre langage ? A aucune des preuves généralement invoquées en faveur du réalisme le disciple, non plus que le maître, ne fait quartier. Le témoignage des sens ne nous est, selon lui, d'aucun secours. S'ils nous trompent en tant de

Page 1