‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 85 sur 235 · Bép. aux Vraies et aux Fausses Idées, ch. xxvi · texte numérisé non relu

Bép. aux Vraies et aux Fausses Idées, ch. xxvi

rencontres sur les manières et les relations, seront-ils plus véridiques, lorsqu'il s'agira de l'existence? L'exemple de l'hallucination et du rêve , le cas de l'amputé qui souff"re d'un bras perdu, nous attestent assez leur faillibilité. Incapables de nous prouver la réalité de notre corps, comment démontreraient-ils celle des corps qui nous environnent? « Je ne sais pas même avec assurance » que j'ai véritablement des mains; je ne le sais que » parce que dans le temps qu'il me semble que je les » remue, il se passe de certains mouvements dans une » certaine partie de mon cerveau, laquelle, selon qu'on le » dit, est le siège du sens commun. Mais peut-être que je » n'ai pas même cette partie dont on parle tant et que l'on » connait si peu. Du moins je ne la sens pas en moi. . . * »> Telle est bien, en effet, la marche régressive de la philosophie idéaliste. Désespérant d'atteindre dans le monde ambiant cette réalité matérielle dont nous sommes en quête, du moins croyons-nous un instant la saisir tout proche de nous, dans le corps que nos sens nous disent nous appartenir. Mais ce corps, à la réflexion, nous devient aussi extérieur, aussi complètement étranger que nous le serait la plus lointaine planète. Comment en prenons-nous conscience? Par l'intermédiaire de nos nerfs. De ceux-ci? Par notre cerveau. Et notre cerveau lui-même, que nous est-il? Nous ne le contemplons qu'en notre conscience, c'est-à-dire en notre pensée, substance par delà laquelle ni l'intuition ni le raisonnement ne sauraient s'élancer et où, quoi que nous fassions, la science du corps, de la terre; et des cieux, demeure à jamais emprisonnée. ;

Page 1