‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 86 sur 235 · P7« Hclairc · texte numérisé non relu

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im IDÉALISME Ex\ AiNGLETERRE AU XVIIP SIÈCLE

Allons maintenant droit à la preuve dont se satisfit Descaries. Le fait dont elle se réclamait est indéniable. Oui, une inclination entraînante, irrésistible, nous pousse à juger qu'il existe autour de nous des corps. Mais ce penchant ne peut tenir lieu d'évidence K Où prendrait-il l'autorité d'une démonstration? «Dieu ne nous pousse point » invinciblement à nous y rendre. Si nous y consentons, » c'est librement ; nous pouvons n'y pas consentir. » Reste donc que la Foi nous commande de croire au monde extérieur-. Devant cette sommation venue d'en haut, la raison n'a qu'à se courber. Malebranche est prêtre, il s'en souvient. Il a fait vœu de soumission et croire c'est obéir.

Un de nos contemporains a cru surprendre en cet appel à la foi un flagrant paralogisme. « Vraiment, déclare- » t-il, on n'a plus si bon air après cela à se -moquer des » cercles vicieux de l'Aristote des Scolastiques ». . . » La difficulté avait déjà été soulevée par Arnauld qui demandait avec vivacité : « Pourquoi croire à la Bible plutôt qu'à » l'Alcoran? » Cette objection, Malebranche sut fort bien la repousser et cela, sans quitter le terrain du rationalisme. Dans son sixième Eclaircissement, il posait l'hypothèse que Prophètes, Apôtres, Ecriture, miracles, tous éléments que la foi requiert, ne fussent eux-mêmes que des apparences. Il ne lui en fallait pas plus pour bien asseoir sa preuve. En effet, ces apparences sont telles que ma raison ne leur peut concevoir d'auteur excepté Dieu. Mêmes

1. . Il est vrai que nous avons un penchant extrême à croire qu'il y a . des corps qui nous environnent. Je l'accorde à M. Doscartes. Mais ce . penchant, tout naturel qu'il est, ne nous y force point par évidence : il » nous y incline seulement par impression. • Vl^ 'Eclaire.

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