‹ L'idéalisme en Angleterre au XVIII?e siècle [microform]Chapitre 87 sur 235 · L'abbé Blampignon, Etude sur Malebranche · texte numérisé non relu

L'abbé Blampignon, Etude sur Malebranche

prémisses, dans la réplique à Arnauld : si je rejette l'Alcoran et si je crois à la Bible, c'est à cause des apparences que ce Dieu véridique m'a présentées, apparences d'Apôtres, de miracles et « d'autres motifs de crédibilité » qui justifient ma foi à la Bible et me détournent d'adhérer à FAlcoran*. Dès là notre raisonnement n'a plus qu'à se dérouler. « Or, dans l'apparence de l'Ecriture Sainte, et » par les apparences des miracles, nous apprenons que )> Dieu a créé un ciel et une terre, que le Verbe s'est fait « chair et d'autres semblables vérités qui supposent l'exis- « tence d'un monde créé. Donc il est certain par la foi )> qu'il y a des corps et toutes ces apparences deviennent » par elle des réalités ^ » L'ordre admirable et la liaison vraiment merveilleuse de ces apparences légitiment ma foi en la Révélation particulière qu'elles symbolisent. Cette foi, à son tour, implique un monde réel. La consistance et le plein qu'elle réclame pour l'œuvre divin retournent tout d'abord aux apparences qui la suscitèrent, transformées désormais en substantielles réalités. Nos idées autorisent la foi; et, par réciprocité, la. foi réalise nos idées. Grâce à ce tour d'une élégante dialectique, l'accusation de sophisme est déjouée. Il y a là, si l'on préfère, une conspiration de vérités réciproques, nullement un cercle vicieux. Même consensus logique dans l'argument tel que le formulent les JEntretiens Métaphysiques. Le caractère discursif de la preuve y est même mieux accusé encore. « Qu'il y ait ou qu'il n'y ait point de corps, il est certain » que nous en voyons et qu'il n'y a que Dieu qui nous en

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