VP Eclaire
» puisse donner les sentiments. C'est donc Dieu qui pré- » sente à mon esprit les apparences des hommes avec les- » quels je vis, des livres que j'étudie, des prédicateurs que » j'entends ^ » Mais, quand je compare les apparences du Nouveau-Testament, des miracles, des Apôtres, celles de la loi des Juifs et celles des Prophètes avec l'idée de Dieu, la beauté de la Religion et la sainteté de la morale, je me trouve porté à croire ce que la foi m'enseigne. « Or, la foi » m'apprend que Dieu a créé le ciel et la terre. . . Il y a » des corps, cela est démontré en toute rigueur, la foi » supposée "... »
IV. Démontré I Le mot semblerait sans doute bien ambitieux à Collier et à Berkeley. Inféré tout au plus, faudraitil dire. Encore cette inférence n'est-elle obtenue que parce que Malebranche n'a pas poussé son raisonnement jusqu'au bout. S'il y avait apporté la même rigueur logique dont il fit montre en d'autres occasions, surtout s'il s'était cru moins enchaîné par les exigences du dogme, lui, dont l'indépendance métaphysique avait déjà scandalisé, il aurait
sans peine compris que le problème, tel qu'il le posait, comportait une autre réponse. Cette solution. Collier, Berkeley, Johnson et Edwards, pieux théologiens autant qu'il pouvait l'être lui-même, la formuleront. Des apparences phénoménales régulièrement liées et soumises à des lois permanentes ne leur paraîtront pas succomber au fardeau qu'elles ont à soutenir. Elles constituent le monde de nos sens, celui dont la création nous est racontée par la Genèse, monde objectif, stable, ordonné, indépendant de