Vie du R. P. Malebranche j édit. Iiigold, ch. vu
« Plût à Dieu », écrivait à Norris une admiratrice de Malebranche, « que je pusse lire cet ingénieux auteur dans •0 sa propre langue, ou qu'il eût parlé la mienne * I )> Ce vœu fut en quelque mesure exaucé et Mary Astell put bientôt lire en anglais la Recherche de la vérité. En 1694, deux traductions parurent de ce grand ouvrage, l'une à Londres, l'autre à Oxford ^ La première, mise sous le patronage du marquis de Normanby, présentait, dans la lettre dédicative de' Richard Sault une naïve excuse pour cet emprunt fait à la littérature d'un pays ennemi : « la » traduction dans notre langue de bons livres français est )) une reprise sur leur nation ». Quelle bonne fortune pour l'humanité si les peuples ne pratiquaient jamais d'autres représailles ! La traduction d'Oxford ^ que mentionne Fontenelle, avait pour auteur un maître ès-arts du collège de Madeleine, à Oxford, Thomas Taylor, évidemment familier avec notre langue, car il avait déjà donné en anglais, en 1692, un Voyage au monde de Descartcs"^ et, cette année môme, la Comparaison de Thucydide et de Tite-Live^ par Rapin.
IL Ce Taylor ou Taylour^ ne s'en tint pas au modeste
1. Lettres concernant V amour de Vieu^ échangées entre J. Norris et Mary Astell.
2. En 1695, paraît à Londres une traduction du Traite^ de la Nature et de la GfâC3\ eu 1699, à Londres également, James Shipton, M. A. docne le Traité de moral:.