V, notamment § 4, 6 et
» s'élever au-dessus de la chose et de celui qui la débite, » comme si elle n'était point digne de leur attention ^ »
Locke recourt à une dialectique de meilleur aloi, lorsqu'il dénonce, dans la doctrine qu'il combat, cette inconséquence d'avoir proclamé inconciliables l'une avec l'autre la pensée et l'étendue, tout en admettant qu'une substance spirituelle put représenter à l'âme les figures de la géométrie ^ Oui, l'auteur de V Essai a raison, comment se peut-il que nos idées nous représentent des corps ? Que nous voyons l'étendue en Dieu, ou en la matière, là n'est pas la question. Nous la voyons, tel est le fait. D'où le pouvons-nous, si pensée et extension ne peuvent s'unir ? Il y a, en effet, là une équivoque qui n'a cessé de peser sur tout le cartésianisme et qui consiste à faire de ces deux hétérogènes, deux substances nécessairement, éternellement irréductibles. Cette faute persiste chez Malebranche qui, cependant, essayait en quelque mesure de l'atténuer, lorsqu'à la pensée il opposait une étendue rationnelle, tout intelligible, non essentiellement rebelle à l'esprit. Pour que fambiguité s'effaçât toute, il eût fallu que cette expression, retendue intelligiUe, désignât seulement une série de nos objets de pensée en contraste avec une autre série, bien que toutes les deux dépendissent d'une seule et même intelligence.
Des critiques diverses formulées dans son Examen, la plus pénétrante sans contredit est celle où Locke signale à quel point l'existence concrète d'un monde matériel, support incognoscible des idées qui le font apercevoir, déforme