Remarques^ etc
le système de la vision en Dieu. Pourquoi nous parler d'un soleil matériel, puisque le seul que nous connaissions et qui soit uni à notre âme est un soleil intelligible? Et d'où vient que Dieu manque à ce point au principe d'économie, d'employer, pour nous obtenir la connaissance des choses, le réel joint à l'idéal, là où le seul idéal suffirait * ? Plus loin encore, l'écrivain empiriste revient avec force sur cette conclusion qui s'imposerait, croit-il, à Malebranche - : « Comment savons - nous ou pouvons-nous » savoir qu'il existe quelque chose comme le corps? Nous » ne voyons rien que les idées qui sont en Dieu ; le corps » lui-même, nous ne pouvons absolument pas le voir. Dès » lors, comment pouvons-nous savoir qu'il existe rien de » tel que le corps, puisque nous ne saurions, en aucune » manière, le voir ou le percevoir par nos sens, seule voie » que nous ayons de connaître qu'une chose corporelle « existe? Mais, dit-on, Dieu nous montre les idées en lui- )) même à l'occasion de l'approche de nos sens par ces « corps. Proposition gratuite et qui postule la chose en » question. » Bayle même n'avai^ pas indiqué plus nettement avec quelle rigueur inflexible l'idéalisme absolu se déduisait du système de la vision ^.
Si VExamen eût été livré plus tôt à la publicité, une mise en demeure aussi catégorique n'aurait peut-être pas trouvé sourds tels disciples trop fidèles à la lettre de la doctrine. Assurément, se géraient-ils dit, ces existences corporelles sont un monde parasitaire, mais qu'à cela ne tienne! Nous en serons quittes pour accomplir nous-mêmes