V. son Dictionnaire, art. Zenon
l'œuvre de simplification à laquelle le théologien de l'Oratoire ne s'est pu résoudre. Rendons grâce à Locke de nous avoir enseigné à corriger Malebranche par Malebranche lui-même. — Mais cet opuscule ne parut qu'en 1706 et les admirateurs de Locke ne sauraient sérieusement reven^ diquer pour lui l'honneur d'avoir suggéré à Collier et à Berkeley la conception première de leur immatérialisme. Et cependant Locke avait depuis longtemps à cœur cette petite réfutation. Le crédit dont l'hypothèse de la vision en Dieu jouissait auprès de certaines personnes lui avait fait, écrivait-il à Molyneux le 28 mars 1693 », concevoir la pensée d'ajouter à son Essai un nouveau chapitre où la faiblesse de cette théorie serait rendue manifeste. Molyneux, très hostile au platonisme soit ancien soit rajeuni, encourage de toutes ses forces son ami -. <c Le P. Male- » branche, dit-il dans une autre lettre, a beaucoup de no- » tiens curieuses, et quelques-unes aussi d'erronées et )) absurdes ^ » Tel est également l'avis de Locke; aussi écrit-il à Molyneux qu'il en a composé un petit traité, non terminé tout à fait et à dessein, de crainte qu'on ne le sollicitât de le livrer à l'impression. « Je n'aime pas les « controverses, et j'ai une sympathie personnelle pour )) l'auteur ^ >^ De là, ce caractère d'inachèvement que présentât VExamen : sans conclure, l'ouvrage s'arrête court sur un passage où Locke reproche à Malebranche d'avoir introduit la diversité au sein de l'unité divine.