ARISTOCRATIE CAPITALISTE ET DÉMOCRATIE POLITIQUE
spéciaux lés noms des hommes politiques et des foncliounaires. On y verrait que les uns et les autres y sont apparentés, et que quelques milliers de familles gouvernent et administrent l'État. Il y a bien entre les gouvernants, comme entre les administrateurs, des luttes et des conflits, mais ce sont là querelles de famille. L'intérêt commun, l'intérêt de classe, sauf de louables exceptions, les réunit toujours pour mettre tous les organes de l'administration et du gouvernement au service des capitalistes.
Rappelons-nous, cependant, que nous sommes sur le terrain accidenté des faits : ces constatations générales sont soumises à nombreuses exceptions, les phénomènes sociaux ne se présentant jamais tout d'une pièce et nettement classés. La lutte des classes est parfois une mêlée qui brouille les apparences. Le sentiment de classe n'est jamais complet et absolu parmi ceux mêmes qui luttent pour leur classe, ou pour la classe où ils ont pris parti. Par exemple. Barbes, un des héros de la démocratie , mettait hors de la démocratie ti)us ceux qui voulaient donner à la liberté politique les sanctions réelles de l'émancipation économique ; tel magistrat élevé dans le culte des puissances capitaHstes refusera de capituler avec sa conscience, et poursuivra comme voleurs des financiers, qui, selon les usages reçus et le langage courant, se seront livrés à des spéculations hasardeuses. Cela tient à ce que le fait et le droit, l'idée et le phénomène, le mot et la chose, se cherchent encore dans la confusion et l'obscurité. Quand ils se seront trouvés, et réunis autant qu'il se peut, l'harmonie se fera d'elle-même, par la science, dans la liberté.