LES ARGUMENTS DU CAPITALISME
ne coiUc pas plus cher au maître que les patates, ou que la veille trop prolongée n'amène pas une déperdition de forces qui frustrerait le maître de tout le bénéfice qu'il espère tirer du travail de son esclave.
Les économistes déclarent que le travail est une marchandise. C'est, en tout cas, une marchandise d'une espèce très particulière, puisqu'alors que toute marchandise peut s'échanger contre toute autre de valeur égale, il n'en est pas de même pour la marchandise-travail. Du jour où le travail séchangerait contre une marchandise de valeur égale, c'en serait fait des bénéfices du capital, il n'y aurait plus ni revenu ni rente d'aucune sorte. N'est-il pas plus exact de dire que le travail n'est ni une propriété ni une marchandise, qu'il est simplement le travail, c'est-à-dire le producteur unique de toute marchandise et de toute propriété ? Quand donc quelqu'un dit: ((J'exploite une propriété, un capital quelconque », il faut entendre qu'il exploite le travail passé au moyen du travail présent, et quand il dit : (( Je fais vivre cinquante ou cent ouvriers », il faut entendre que cinquante ou cent ouvriers le font vivre. Qu'on ne prétende pas qu'entre le capitaliste, ou le patron, et l'ouvrier il y a échange de services ; il n'y a pas échange entre des valeurs inégales, mais tromperie et spoliation. Ce que, dans le commerce régulier, les lois interdisent et annulent, elles le déclarent normal et licite dans le commerce du travail.