CONDITIONS PSYCHOLOGIQUES DE LA PRÉFÉRENCE
Pour l'observateur superficiel, la préférence sexuelle est à ce point mystérieuse qu'il lui parait impossible d'en classer les conditions. Si donc on lui dit qu'il en est qui sont d'ordre psychologique, et si, commençant leur énuinération, on lui cite d'abord celles qui prennent directement leur origine dans les impressions physiques, dont elles sont comme le retentissement prolongé et fixé dans notre cerveau, cet observateur impatient triomphe, et associe injustement à son triomphe la thèse monistique, qui n'est pas en cause ici, et qu'il ne peut être question de supprimer. Tout d'abord, et afin de dissiper de semblables malentendus, affirmons qu'il n'est jamais entré dans la pensée de l'auteur de ce travail, — toutes les pages (|ui précèdent en témoignent suffisamment, — d'opposer la psychologie à la physiologie, ni de subordonner celle-ci à celle-là, ni de les différencier essentiellement. La psychologie n'est et ne peut être autre chose que la physiologie cérébrale. Elle est donc le complément nécessaire de la physiologie; les lois générales de l'une et de l'autre sont identiques, et identiques les méthodes d'investigation, et les procédés de classement de phénomènes, qui les constituent à l'état de
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science, lùisuite, la liiiiile (jui sépare absolument la sensation du senlinient, l'impression [)liysi<jue de l'impression cérébrale qui lui est consécutive, avec une telle rapidité (jue nous avons l'illusion de leur simultanéité, celte limitelà n'existe que dans notre esprit, et pour la nécessité du classement des phénomènes. Donc, rien d'étonnant que des affinités ou des oppositions de tempérament, en matière sexuelle comme en toute autre, prennent un caractère psychologique, et soient classées parmi les phénomènes de cet ordre, bien que purement physiologiques dans leur origine. De même, et quelque élevé que soit le platonisme de certaines affections intersexuelles, toutes ont une origine physiologique ; et toutes, consciemment ou non, volontairement ou non, tendent à une fin physiologique.
Au premier degré des conditions psychologiques de la préférence, se trouvent nécessairement les impressions d'ensemble, d'ordre purement physiologique, et que leur simultanéité aussi bien que leur association transforment, en faisant un sentiment d'un groupe de sensations. Ce sentiment est primitif et rudimentaire, directement formé de l'appel au cerveau de plusieurs sens réunis, mais c'est déjà un sentiment, et non plus un groupe de sensations. La preuve en est en ceci : qu'un homme étant mis en présence d'une femme, et cette femme réunissant les conditions physiologiques qui la lui feront préférer à d'autres femmes, l'homme dira tout d'abord : Cette femme me plaît. Ce n'est qu'ensuite et pressé de dire les motifs de sa préférence qu'il songera à les rechercher et à les trouver dans le teint, dans la couleur ou la masse des cheveux, dans l'aspect d'ensemble du visage, dans la taille ou la démarche de celle qu'il a distinguée. Beaucoup d'individus des deux sexes, dans notre état actuel d'éducation générale, ne vont pas au delà de ce premier degré dans la préférence psychologique, formée de mobiles physiologiques directs et immédiats. Sans assimilation possible à don Juàn, qui s'élevait à un degré supérieur par la jouissance perverse des larmes versées par les victimes de ses multiples préférences, ceux qu'on appelle communément des (( hommes à femmes « ne dépassent guère ce
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premier degré, quelles que soient d'ailleurs et leur situation dans la société et leur culture intellectuelle. Ce qu'ils préféreront dans la femme, ce n'est pas l'ensemble des conditions physiques, intellectuelles et morales, qui constituent un individu appartenant à l'espèce humaine, et dont les multiples combinaisons déterminent le choix, — la préférence, — mais telle qualité, voire telle déformation, purement physique, qui caractérisera cet individu de l'autre sexe. Tels préféreront les rousses, et tels autres les grasses jusqu'à l'obésité, et ainsi de suite pour chaque particularité. Tels autres préféreront un jour les rousses, le lendemain les obèses, et les jours suivants successivement telle autre particularité jusqu'à épuisement de la gamme, — ou de la virilité de l'acharné poursuivant. Bien peu d'entre eux, et beaucoup moins parmi les hommes que parmi les femmes, car elles ne sont pas exemptes de ces préférences successives ou simultanées qui abolissent la préférence, — infiniment peu d'entre eux ajoutent à cette gamme la gamme psychologique. Ce n'est que parce que don Juan a doublé sa curiosité physiologique de la curiosité psychologique qu'il a pu atteindre le chiffre légendaire de mille et trois, et certainement ses force s furent à bout avant sa curiosité.
Quels que soient les caractères mentaux et moraux de la préférence, et quelque élevés qu'il soient, la préférence psychologique pure, le pur amour d'un individu pour un individu de sexe différent, déterminé uniquement par ces caractères et par leur degré d'élévation, n'existe que fort rarement et à l'état d'exception. Ce à quoi révent les jeunes filles n'est pas d'épouser un homme très intelligent ou très bon, mais un beau garçon. Non qu'elles fassent fi des qualités de l'esprit et du cœur, mais les qualités physiques du conjoint rêvé tiennent la première place dans leurs préoccupations. Les autres qualités viennent ensuite et comme subsidiairement, et il est on ne peut plus naturel qu'il en soit ainsi. Les impressions perçues directement par nos sens sont toujours plus immédiates et plus impérieuses (jue celles qui se forment par images et par reflexion dans notre entendement. Il y a dans les premières une spon-
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laïK'ilé cl une force qui n'existent pas dans les secondes. A cette spontanéité puissante, quelle résistance, issue de la réllexion, peuvent opposer les jeunes organismes humains, chez qui les sens sont en pleine exubérance ; alors que la faculté de peser, de comparer, de penser en un mot, à peine formée, ne peut se frayer un chemin dans le tumulte de la sève animale. C'est donc sur des manifestations physiques extérieures , et sur des impressions émanées de ces manifestations, que se formeront tout d'abord les sentiments qui détermineront la préférence ; les impressions produites par les manifestations mentales et morales ne viendront qu'après, étant d'ailleurs moins immédiatement perceptibles et appréciables, et s'offrant à des esprits peu préparés pour les percevoir et pour les apprécier, sinon par-dessus tout, du moins avant tout. On sait, en effet, constater d'un coup d'œil la ditTérence qui sépare une Vénus d'une fée Garabosse : mais pour ce qui est de savoir si la Vénus, que son aspect extérieur a naturellement fait préférer à la Garabosse, est une virago ou un ange, si elle est sotte ou intelligente, c'est une affaire qui demande de la sagacité, et aussi un peu plus de temps que la durée d'un coup d'œil. Combien, avant d'avoir constaté les caractères intellectuels et moraux, ont été assez impressionnés par les caractères physiques pour s'engager, de manière à ne plus pouvoir même songer à reculer, à ne plus même avoir le désir ;d'y songer ! L'uniforme et niaise éducation que l'on donne aux jeunes filles françaises n'est pas pour aider aux facultés de discernement des jeunes gens, en matière de qualités morales et intellectuelles. Une jeune fille bien élevée a la même attitude, les mêmes gestes, les mêmes phrases, les mêmes goûts, les mêmes répulsions, les mêmes talents, les mêmes apparentes ignorances qui caractérisent toutes les jeunes filles bien élevées, ou plutôt les décaractérisent. Le mariage une fois consommé, le masque tombe, la femme reste, et l'amour s'évanouit. L'amant, de son côté, a joué une comédie identique ; il a masqué, lui aussi, son véritable caractère ; et ainsi, bien des lendemains de noce forment le dénouement de la
comédie des deux Gaspards, où les pipeurs se trouvent pipés. Alors la comédie est finie, et le drame commence.
11 est bon et juste, il est conforme aux meilleurs destins de l'espèce que la préférence sexuelle soit avant tout déterminée par des mobiles physiologiques ; l'humanité ne peut que gagner force et beauté par cette nécessaire forme primordiale de la préférence, qui écarte de l'œuvre de reproduction les géniteurs et génitrices de qualité inférieure. En France, et jusqu'à une époque relativement récente, — c'est-à-dire avant l'obligation du service militaire imposée à tous, qui a coïncidé avec une diminution de sévérité dans le choix des jeunes soldats, et avant l'exode des jeunes paysans des deux sexes vers les villes, — un jeune homme reconnu impropre au service militaire trouvait difficilement à se marier au village, à situation égale, cela va de soi ; car le riche le plus infirme et le plus dégoûtant a toujours trouvé, et trouvera toujours de la jeunesse, de la santé et de la beauté à son service, en échange de son or. Mais, s'il est légitime que la préférence soit d'abord déterminée par des motifs physiologiques, elle ne pourrait l'être uniquement par ces mobiles que si l'association inlersexuelle se limitait à l'acte de reproduction, et cessait avec l'accomplissement de cet acte. L'histoire de l'humanité pour le passé, le sens commun pour le présent, le raisonnement pour l'avenir, nous disent hautement qu'il n'en est rien. Une chose digne de remarque, c'est que la préférence pour des motifs d'ordre intellectuel, et surtout moral, exerce plutôt son action dans la classe non possédante. Pourtant celle-ci, plus près de la nature par l'inculture dans laquelle l'a laissée la classe possédante, semblerait au premier abord obéir avec plus de spontanéité aux impulsions physiologiques. En réalité, il n'y a pas de différence de spontanéité entre les jeunes gens des deux classes ; mais, tandis que les fils de la classe aisée n'ont qu'à tirer de leur poche quelque monnaie de leur superflu pour trouver immédiatement la satisfaction de leur désir sexuel, les lils de la classe pauvre doivent s'ingénier à plaire à la jeune lille (ju'ils convoitent, et, parlant, s'occuper de ses (|ualités intelioctuellos et morales, ne fût-ce que pour recoiniaitre le point faible par
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lequel ils einporloront la place. VA comme il y a égalité de situation sociale entre garçons et lilles de cette classe, ('galité dans la niiscre ou tout au moins dans l'absence de projiriété, d'héritage et d'« espérances», le gars trouve à qui parler. De même (ju'il observe, il est observé. Il voulait prendre, et parfois il se trouve pris par la line mouche, décidée à n'ouvrir sa porte que la « bague au doigt ». En somme, ils ont eu beau ruser: plus près de la nature, moins déformés et nivelés par une éducation artificielle, plus libres de se voir sans témoins que les jeunes gens de la bourgeoisie, ils ne sont guère trompés, ni respectivement, ni mutuellement; et souvent l'expérience physiologique, ajoutée à Texpérience psychologique, a déterminé le choix en aussi pleine liberté que possible.
Il est pourtant, dira-ton, des caractères psychologiques tellement supérieurs, et d'une telle évidence, qu'ils suffiront à déterminer la préférence, sans même que les mobiles physiologiques aient à intervenir, et dussent les disconvenances de ce dernier ordre apparaître choquantes jusqu'à l'absurde et au monstrueux. Ainsi, tel héros qui s'est signalé par d'éclatants sauvetages, tel romancier dont les œuvres ont profondément ému les femmes de son temps, reçoivent des déclarations d'amour, des offres de mariage de la part d'inconnues qui ignorent absolument leurs traits, leur âge et même, contradiction psychologique, leur caractère. Remarquons d'abord qu'en ce temps de publicité à outrance il n'est si mince gribouilleur de papier, ou repêcheur de caniches en péril, qui ne voie quelque journal illustré reproduire ses traits, toujours embellis, selon l'esthétique courante ; et que, dès lors, l'image que se fait l'amoureuse de celui à qui elle se voue n'est presque jamais abstraite ni purement modelée sur les qualités intellectuelles et morales qui l'ont séduite. D'ailleurs, une récente enquête d'un journaliste, peut-être indiscret, mais en tout cas indiscret avec la permission même de ceux à qui il s'adressait, nous a fait connaître qu'il faut beaucoup en rabattre sur la séduction, par moyens purement mtellectuels, qu'exerceraient les gens de lettres. Remarquons en outre que de telles séductions.
reconnues très rares, ont pour pendant, et probablement en quantité sensiblement identique, l'engouement de certains individus pour les héroïnes de procès retentissants, et de certaines femmes pour certains criminels. Ce sont là des aspects, identiques dans leurs causes et dans leurs manifestations, d'une même manie, qui ne change que dans les objets sur lesquels elle s'exerce. Certes, les manifestations du premier ordre sont plus pures et plus élevées que celles du second, qui ont un caractère de dépravation nettement accusé; et si l'on tient à les différencier essentiellement, c'est à la condition expresse qu'elles seront essentiellement différentes, que les sens seront absolument muets chez la correspondante de l'écrivain ou du sauveteur, et qu'il n'y aura dans son esprit qu'une sympathie intellectuelle ou cordiale ; mais, alors, c'est de l'amitié, une amitié qui s'exprime par les moyens les plus extrêmes, et cherche dans les liens sociaux une sanction de durée ; et ce sentiment ne se transformera en celui qu'on peut proprement appeler l'amour qu'après qu'il y aura eu impresssion mutuelle, directement, par les sens. Sinon, il y a hystérie cérébrale identique chez l'amoureuse du romancier eô l'amoureuse de l'assassin.
Objectera-t-on que des acteurs très laids, des actrices de visage médiocre inspirent fréquemment de véritables passions? Il y a bien, dans ce cas, va-t-on dire, prédominance des conditions psychologiques sur les conditions physiologiques. Oui, certes; mais il faut observer en premier lieu qu'ici les conditions psychologiques d'une telle pi'éférence ne prennent pas leur origine dans la valeur intrinsèque de celui qui en est l'objet, mais dans l'opinion que le public, en ses caprices, se fait de cette valeur, au point que cette valeur est souvent créée artificiellement par lui. C'est donc là une manifestation d'ordre sociologique, bien plus que psychologique, et dont certains individus sont plus fortement inllucncés, au point de métamor])hoser leur préféi'cnce esthéti(|ue en préférence sexuelle. En second lieu, il est remarquable que cette sorte de préférence prétendue psychologi(|uc va plutôt aux interprètes qu'aux créateurs, c'est-à-dire à ceux qui sont
COISDITlONis l'iVCllOLuGUJUtS DK LA l'IŒKKUKNCE IS']
aux plus bas ch^grés dans récliclle des arts. Ecoutez Icscouvcrsalions pendant un cnlr'acle, au spectacle. Sur dix personnes, neuf s'entretiennent du mérite des acteurs ou des beautés de la mise en scène. La dixième, parfois, daignera s'occuper de l'écrivain, sans lequel les comédiens et les décorateurs n'eussent pu exercer leurs talents et charmer l'assistance. Dira-l-on que des suITrages féminins vont aussi à celui-ci? Dans ce cas, ils rentrent dans la catégorie mentionnée plus haut, ou bien ils émanent de comédiennes intéressées à se concilier les bonnes grâces d'un auteur qui peut leur faire un bon rôle ; et ce mobile est d'ordre étranger à la psychologie pure, ou tout au moins il s'y tient aux degrés les plus inférieurs. On peut affirmer que la fréquence des motifs d'ordre purement psychologique de la préférence va toujours se raréfiant, à mesure que ceux qui sont l'objet de cette préférence s'élèvent sur l'échelle des arts, des lettres, de la science et de la philosophie ; c'est-à-dire à mesure que l'artiste, l'écrivain, le savant, le philosophe donne moins de sa personne au public, et davantage de son œuvre ; à mesure que, par les degrés intermédiaires, on s'élève du pernicieux cabotinage parisien à la tour d'ivoire où s'enferment les hauts esprits. Il se trouve alors que nul philosophe n'inspire de passion pour l'amour de la philosophie, et que nul érudit ne se voit embrasser pour l'amour du grec ; et c'est en somme tant mieux, car ces engouements de pécores n'ont jamais eu rien de commun avec la préférence sexuelle et ses conditions réelles. L'exemple célèbre d'Abélard n'infirme en rien cette vérité d'expérience. Quant il se fit aimer d'Héloïse, il était jeune, et à ses attraits physiques le suffrage public ajoutait l'auréole de la gloire ; de plus, il était le professeur d'Héloïse. Quantité de jeunes filles offrent encore en secret au maître qui les enseigne les prémices de leur cœur, de même que quantité de dévotes trouvent au confessionnal un attrait voluptueux, qui les étonnerait et les scandaliserait, si on le leur dénonçait. Mais qui ne voit qu'il y a, dans ces cas très fréquents, très ordinaires, impression physiologique autant que psychologique? Celle-ci a pu précéder celle-là, dans la formation précise d'un sentiment, qui ne s'exprimera, d'ail-
leurs, peut-être jamais ; mais, même quand le professeur ou le confesseur est un vieillard, c'est par Tappel obscur et inanalysé des sens que se forme dans le cerveau la cristallisation psychologique, qui s'imagine, quand elle prétend s'analyser, trouver ses causes en elle-même. Or, nul phénomène ne se cause soi-même, et tout ce qui est dans notre intelligence y est venu par les sens, et seulement par eux peut se manifester.
A présent, il va de soi que les conditions psychologiques de la préférence, ajoutées aux conditions physiologiques, et si rarement indépendantes de celles-ci que cette indépendance est l'exception à la règle générale que nous posons ; il va de soi, disons-nous, que ces conditions psychologiques ont un pouvoir d'autant plus déterminant sur la préférence qu'elles seront plus évidentes chez celui qui les réunit, ou mieux discernées par celui qui les requiert. Il est rare que la grande majorité des jeunes gens tombent amoureux d'une fille réputée pour sa beauté. Est-ce mépris de cette beauté? Elle s'impose comme une évidence. Est-ce défiance d'euxmêmes ? Ils sont à l'âge présomptueux. C'est donc un instinct €réé par une ancestrale expérien^'e, qui les avertit de ne point prendre une jument de luxe pour labourer le champ ou tourner la meule. Si de l'individu nous nous élevons à la catégorie, nous voyons que, à côté des alliances de classe sociale, qui seront traitées plus loin, les alliances de classe intellectuelle sont la règle générale. Une institutrice répugnera à épouser un ouvrier, fut-elle plus pauvre que lui, et préférera un employé, dont le gain chétif et aléatoire ne lui donnera pas le bien-être et la sécurité qu'elle aurait trouvés auprès de l'ouvrier. De son côté, un homme cultivé, fût-il très pauvre et sans avenir, n'épousera pas volontiers une femme de mentalité inférieure, à moins d'être dominé par les conditions purement physiologiques de la préférence, ou déterminé par des conditions sociologiques : espoir d'un emploi, dot, espérances, etc. H faut reconnaître que les hommes consentent plus volontiers que les femmes à ces mésalliances intellectuelles, et cela s'explique par l'infériorité sociale et domestique dans laquelle la femme est encore
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tejuic par nos mœurs, nos lois et sa propre éducation. Souvent ces dilTérences mentales disparaissent par relfoi'l éducateur de riiomme, mais combien plus souvent persistent-elles, s'aggravent-elles de tout l'efrorl cjue fait l'homme pour s'élever plus haut par l'esprit et par le cœur, tandis que sa conjointe, enlisée dans son inculture et dans son égoïsme animal, use ses forces et emploie ses ruses pour le rabaisser à elle. Il ne reste plus alors à Thomme que la résignation, ou l'évasion dans un autre amour, libérateur de son être entier enfin reconquis.