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L'IDÉALISME, FORME PENSÉE DE L'ÉVOLUTION

Les restaurateurs actuels de lidéalisme, en leurs égaremcnls mystiques, littéraires ou plus simplement politiques, se prononcent contre la science. Elle peut dédaigner leurs attaques, mais non mépriser le sentiment qui les anime. Ou, pour mieux dire, il appartient à ceux qui n’ont jamais cru au divorce de la science et de la philosophie, mais, au contraire, ne voient dans la philosophie que la synthèse des sciences réunies, de démontrer que l’idéalisme n’est en rien contraire à l'esprit scientifique ; que, comme phénomène, il a son explication et sa justification scientifiques ; qu’ilest une preuve vivante de la vérité de la théorie évolutionniste; et que même il est un des facteurs essentiels de l’évolution vers le mieux.

Qu'est-ce, en effet, qu’un idéal ?

Une construction de l'esprit, qui peut être irréelle et irrationnelle, chimérique et extravagante, mais dont les matériaux se trouventdans la réalité. La bête de l’Apocalypse avait sept têtes et dix cornes, elle ressemblait à un léopard, ses pieds étaient les pieds d’un ours, et sa gueule celle d’un lion. Jean de Pathmos, en construisant ce bizarre animal, d’ailleurs symbolique, imagine, c’est-à-dire représente par image, quoi ? Un animal, c’est-à-dire un être réel. Il lui donne plusieurs têtes et plusieurs paires de cornes; mais têtes et cornes existent aussi dans la nature. Des pieds et des gueules, cela existe aussi. L’arbitraire, l’irréel, c’est qu’il ait composé un animal incapable d'exister tel qu'il le représente. Le Moyen-Age eut aussi toute une faune de dragons, d’hippogriffes, de licornes, de mélusines dans son cerveau débile, ou

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