CHAPITRE V
LK PROBLÈME DE L'ADAPTATION {Suite) LA CONCURRENCE ET L'ADAPTATION
Bien que les théories propres à Darwin sur la sélection naturelle n'aient plus guère de partisans depuis que les vues de Laraarck et de Geoffroy ont repris faveur et depuis que Weissman a mis en doute Thérédité des caractères acquis, néanmoins nous croyons devoir les soumettre à une critique. En effet, sans l'autorité des œuvres de Darwin, sans la gloire attachée à son nom, les vues paradoxales des néo-darwiniens n'auraient rencontré que le scepticisme. La thèse du néo-darwinisme est claire, simple, unilatérale; mais elle succomberait aux objections pressantes de Técole lamarckiste si l'ascendant longtemps exercé par Darwin sur les écoles transformistes n'avait réussi à former une sorte d'association indissoluble entre l'idée de la sélection naturelle et ridée même de l'adaptation. Une discussion du darwinisme doit donc précéder celle du néo-darwinisme.
Il convient d'abord de remarquer* que Darwin n'a jamais songé à révoquer en doute les lois morphologiques reconnues par les anatomîstes de son temps, c'est-à-dire la loi de la division du travail, la loi de la corrélation des formes et enfin la loi du balancement organique; 2^ en second lieu Darwin ne parait pas vouloir écarter le fond des conceptions vitalistes, c'est-à-dire la subordination des organes aux fonctions*. S'il ne dit pas expressément, comme Lamarck que la