Krafft-Ebing, Psychiatrie, liv. III, ch. v, p
2. Krafft-Ebing, Loco ciiato, liv. III. 2» 3« 4» 5« 6« parties.
se manifeste une activité ardente avec des désirs, des instincts, des impulsions étranges, parfois même dangereuses; dans les phases dépressives, le malade souffre d*une indécision pénible, d'idées obsédantes qui le poussent au suicide et de la crainte de devenir aliéné. On doit citer comme une anomalie particulière des sentiments, qui caractérise tout un groupe d'états de dégénérescence psychique, l'absence totale ou du moins Tinexcitabilité des sentiments éthiques. Dans le domaine de la conception, c'est une facilité des représentations, une force d'imagination extraordinaire allant jusqu'à produire des hallucinations... La marche de l'association des idées de ces hommes est digne d*attention. Elle parait entrecoupée ; il y a des sauts brusques sans aucune transition dans la conversation. Penser d'une manière nette et logique, voilà ce qui leur est absolument étranger ».
On peut induire de là que le fonctionnement de l'encéphale et du système nerveux tout entier est anormal, et c'est ce que confirme l'observation. « On note une irradiation extrêmement vive du système nerveux central ; elle se produit sous forme de somnolence, sopor, délire, hallucination, etc., à la suite de légères maladies physiques. Dans le trajet des nerfs sensibles il y a une facilité anormale à l'excitabilité et une durée exlraordinairement longue de l'émotion et de l'irradiation qui agit sur des territoires nerveux tout à fait éloignés. Dans le domaine sensoriel, il y a tendance à Thyperesthésie, à côté d'une notation extraordinairement vive des impressions par des sentiments de plaisir et de déplaisir ».
Aux troubles fonctionnels des nerfs et du cerveau se joignent inévitablement des troubles moteurs. « On cite comme symptômes le strabisme, le bégaiement, les contractures et autres troubles de l'innervation des muscles (grimacements, convulsions) ; puis, comme symptômes d'une tare particulièrement grave, les accidents épileptiques et épileptoïdes ».
Enfin la vie organique est atteinte. « L'instinct génital manque ou apparaît avec une intensité excessive, sous forme
de rut; ou il se manifeste prématurément ou il apparaît d'une manière perverse, c'est-à-dire que son genre de satisfaclion ne vise nullement à la conservation de l'espèce.. . » On constate aussi « une grande mortalité, un abaissement de la durée moyenne de la vie, une réaction insolite aux influences atmosphériques, telluriques, alimentaires, une grande élévation et une irrégularité frappante de la courbe delà température, etc., etc.* »
Nous n'avons pas prétendu résumer ici toutes les inductions de la psychiatrie. Nous l'avons consultée pour savoir ce qu'est la régression dd système des organes et des fonctions les plus récemment différenciés dans la série animale, quand on les considère chez Têtre vivant le plus tardivement formé. La psychiatrie répond que la régression cérébrale est une dissolution de fonctions, non une dissolution d'organes, et la preuve est que même après une grave maladie, les fonctions peuvent se reconstituer. La psychiatrie nous apprend en outre que cette dissolution de fonctions fait disparaître les formes supérieures de l'adaptation, c'est-à-dire l'adaptation active qui modifie le milieu au lieu de s'asservir à lui.
La régression fonctionnelle ne saurait être comprise si Ton n*a pas admis préalablement la distinction des phénomènes normaux et des phénomènes morbides. Mais cette distinction n'a pas de sens pour le partisan du mécanisme. La maladie et la fonction normale sont ou doivent être logiquement jugées par lui comme des phénomènes naturels et intetligibles» ayant leurs conditions dans la distribution de la matière et du mouvementé Dans toute combinaison de fonctions et d'organes, il ne voit qu'une résultante ; or, la décomposition des forces est aussi intelligible, aussi inévitable que leur composition, et il n'y a aucune raison de considérer celle-ci comme supérieure à celle-là.