‹ L'idée d'évolution dans la nature et l'histoireChapitre 36 sur 95 · Rrafft-Ebiiig. Loco citato, p · texte numérisé non relu

Rrafft-Ebiiig. Loco citato, p

m LE PROBLÈME BIOLOGIQUE

sur les crânes des aliénés ou des malfaiteurs, ont confirmé ces vues. Aux maladies légères du système nerveux correspondent de légères déviations du crâne; aux affections graves des déviations profondes du squelette. C'est en ce cas qu'apparaissent chez Thomme de véritables caractères pithécoïdes tels que ceux des races noires les plus basses, les Aldtas par exemple. On sait quels sont Timportànce et le acDs de la microcéphalie, de la plagiocéphalie, de l'oxycéplialîe, etc.

Le bassin, le thorax, les épaules, la forme des mains, sont raroraent normaux chez les idiots, les imbéciles, les crétins et les épileptiques. Ces conclusions sont d'ailleurs bien d'accord avec la loi de la corrélation des formes et la loi de réduction.

Ces études sont encore peu avancées. Aussi devons-nous chercher ailleurs la connaissance du rapport entre la régression fonctionnelle et la régression morphologique. C'est Tétude du parasitisme qui nous donnera la lumière indispensable.

Le parasitisme n'a pu manquer d'intéresser les zoologistes surtout depuis que le problème de la variabilité des types et de la filiation des formes vivantes a rejeté dans t'ornbre tous les autres. On a remarqué en effet que bien souvent une espèce très différente en apparence d'un groupe animal donné peut y être aisément rattachée si Ton tient compte de la réduction que le parasitisme a fait subir à son organisation : tel est le cas des vers plats, des nématodes, des cestodes, des hirudinécs chez les vers, des cirrhipèdes chei les arthropodes, etc.

1. Naecke. La valeur des signes de dégénérescence dans l'élude des malaf/iW mentales . Actes du ii« congrès médical international.

Nous risquerions do nous perdre en considérations générales sans précision scientifique si nous ne considérions pas une classe d'organismes importante dans révolution générale et présentant également de nombreux cas de parasitisme. Le sous-règne des vers est, à ce double point de vue, celui qui doit être choisi.

L'embranchement des vers est de tous peut-être celui qui offre le plus d'intérêt au théoricien de la filiation des formes vivantes. Par leurs types supérieurs, en effet, les vers se rattachent aux arthropodes ; par leurs types inférieurs aux protozoaires, aux mollusques, aux vertébrés. C'est là peut-être qu'est le tronc dont le règne animal figure les branches. Enfin si Ton compare les annélides aux vers ronds (némathelminthes) et ceux-ci aux vers plats (plathelminthes), on a devant les yeux une complication régulière de la structure.

Or, des faits dont la connaissance est devenue populaire confirment l'idée d'une correspondance entre la régression fonctionnelle et la réduction des organes.

La larve du parasite peut avoir besoin d'une certaine activité sensorielle pour pénétrer en l'animal aux dépens duquel elle vivra, mais chez le parasite interne l'usage des organes sensoriels n'a plus lieu. Aussi est-ce la réduction des organes de la vue que Ton observe le plus communément.

Même chez les types les plus élevés des vers, la différenciation des organes et des fonctions n'est jamais poussée très loin. Néanmoins, chez les animaux qui vivent à l'état libre, on constate Tapparition d'organes spécialement adaptés à la digestion. Mais chez les vers parasites le canal intestinal ne se forme pas ou disparaît. C'est la règle chez les ccstodes, les acanlhocéphales, etc.

Toutefois c'est en observant les fonctions et les organes de la reproduction que l'on aperçoit le mieux le rapport entre la régression et le parasitisme.

Chez les vers, la génération sexuelle est un phénomène incomplètement défini ; beaucoup d'espèces sont hermaphrodites, notamment dans la classe des Bryozoaires, dans celle des Turbellascés et des Trémalodes... néanmoins, chez les vers qui puisent leur subsistance dans le milieu extérieur, la génémlîon sexuelle est généralement distincte de la génération cif/ame ou asexuelle. Bref ces vers rappellent Torganisatioii des "plantes à fleurs dioïques placées sur le même individu.

Or il n'en est pas ainsi des vers endo-parasites et surtout des cesLodes. Chez ceux-ci, il y a régression vers la génération agame. Or, est-ce une simple coïncidence ? Tel n'est pas lavis de Gegenbaur. 11 estime au contraire que la génération alternante est chez les cestodes la conséquence directe du parasitisme. Son argumentation mérite d'être reproduite. « Un embryon vivant libre dans Teau ou dans le canal intestinal d'un autre organisme devient par son développement aussitôt qu'il est arrivé dans quelque organe, un corps vésiculaire qui peut fournir le point de départ d'états ultérieurs fort divers. Sur la face interne de la vésicule pleine de liquide, il germe une conformation mamelonnée, dans laquelle se forme ce qu'on appelle la tète du Umm, Cette portion peut se retrousser en dehors de m vésicule, qui se trouve ainsi derrière elle et forme une partie du corps du ver. Cet état représenté par la forme cf/slicen/He devient, après la perte de la vésicule, le siège d'un bourgeonnement. La forme cysticerque nous présente encore des points d'attache pour d'autres rapports. Au lieu d*un seul mamelon croissant dans l'intérieur de la vésicule, la paroi de celle-ci peut en produire plusieurs qui se comportent comme les cysticerques, et après leur séparation de la vésîcide deviennent autant de tœnias. A cette forme (ciEDurrus) qu'on peut considérer comme un cysliqueà têtes multiples, on peut en rattacher encore une autre. Admettons que la vésicule, produisant des bourgeons sur sa face interne.

vienne à s'accroître en déposant à son extérieur des couches cuticulaires épaisses de manière à empêcher le retroussement des bourgeons ; que ceux-ci ne se différencient pas seulement comme ceux du cyslicerque et du cœnure, mais que, devenus vésiculaires, ils produisent à leur tour de nouveaux bourgeons dans leur intérieur : nous obtiendrons ainsi la forme de l'échinococcus. Celle-ci se partage encore en diverses subdivisions, suivant les rapports des bourgeons de vers naissant sur la vésicule primitive, et leurs transformations en nouvelles cellules (vésicules secondaires).

« Tous ces phénomènes de propagation asexuelle réunis sous la domination de génération alternante doivent s'expliquer par le parasitisme, et ils sont d'ailleurs par le mode de leur genèse tout à fait distincts des autres phénomènes de génération alternante. La reproduction asexuelie, gui s'intercale ici dans la génération sexuelle est donc à regarder comme fexpression d'un état inférieur d'organisation, il est vrai; mais qui correspond au parasitisme, lequel en fournit la cause déterminante * »

Par tous ces exemples, il est aisé de voir que la régression morphologique est toujours amenée par la régression fonctionnelle. A cet égard, le parasitisme lui-même a ses degrés. Les parasites externes doivent exercer beaucoup plus de fonctions que les parasites internes : la réduction des appareils est toujours moins complète.

11 y a donc quelque rapport entre la dégénérescence et le parasitisme, car la dégénérescence des fonctions est Texplication la plus plausible que Ton puisse donner de certaines déviations des organes et d'autre part la régression morphologique des espèces parasites est visiblement la conséquence d'une dégénérescence fonctionnelle,

La dégénérescence et le parasitisme sont ainsi deux

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