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découvrir. C'est parce que le principe de la conservai ion de Ténergie se déduit de la notion de la force absolue que Ton peut Taffirmer de Texpérience totale. C*est donc, non un résumé des sciences empiriques de la nature, mais un principe constitutif de Texpérience. La loi d'évolution, qui n'en est que le corollaire, est donc l'hypothèse à laquelle il faut soumettre l'expérience si Ton veut parvenir à l'unification complète du savoir.
Le philosophe dont le nom restera associé au système évolutionniste a exposé au début de son œuvre maltresse, les Premiers principes^ un abrégé des conclusions de la philosophie critique et de la théorie de la relativité de la connaissance. Il peut sembler étrange de voir en lui un continuateur de Hegel, de Schelling et de Spinoza. Mais il ne faut pas s'y tromper. Spencer reprend les formules de Kant, mais dans un tout autre esprit que leur auteur. Il résume les antinomies» mais néanmoins il conclut à la légitimité d'une cosmologie rationnelle d'où l'on doit pouvoir déduire les règles de la conduite. Est-ce défaut de logique ou n'est-ce pas plutôt parce que la théorie de l'inconnaissable n'est pas comprise par lui comme par le philosophe critique ?
L'esprit de la philosophie critique est que nous pouvons a priori nier la valeur de toute synthèse rationnelle de l'expérience parce qu'il y a contradiction entre les conditions de l'expérience sensible, l'intuition et la catégorie et l'idée de la totalité. Nous ne pouvons pas nous donner l'expérience tout entière précisément parce que nous devons en appréhender successivement les parties dans le temps. C'est pourquoi l'expérience est une phénoménologie et l'idée de totalité ne peut donner lieu qu'à des noumènes, c'est-à-dire à des concepts de limite. Mais, quoi qu'on ait pu dire, les noumènes de Kant ne sont pas des substances ou des réalités inaccessibles distinctes des phénomènes. Aussi a-t-on pu les chasser de la philosophie critique sans apporter la moindre altéraration soit à la cosmologie de Kant, soit à sa morale.