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LES DONNÉES CONCRÈTES D^ LA PSYCHOLOGIE SOCL\LE

rationnelle dans rhistoire ne sera plus un objet de dédain. La psychologie sociale y verra même un concept indispensable non seulement à l'application pratique des vérités sociologiques, mais même à l'interprétation scientifique des données historiques et ethnographiques.

Ces données sont au nombre de cinq.

La première est l'existence de petites communautés instinctives parmi les races humaines restées incultes.

La seconde est celle de la survivance d'un état préhistorique dans les sociétés complexes et arrivées à la phase de la culture. La troisième est celle des crises et des révolutions qui accompagnent la transformation de la discipline sociale dans les sociétés les plus compliquées.

Viennent enfin deux notions sinon deux faits fréquemment allégués par les évolutionnistes à lappui de la conception bio-sociologique : l'arrêt de développement et la régression sociale.

Nous devons donc étudier, au double point de vue de révolution et de V approximation graduelle y ces problèmes de la communauté instinctive, de la survivance, de la révolution, de l'arrêt du développement et de la régression.

Cette étude n'est possible que si la méthode génétique a déjà été appliquée aux faits sociaux et a déjà donné des résultats. Le sociologue qui n'aurait pas déjà cherché à rattacher les formes supérieures de la discipline sociale aux formes inférieures ignorerait s'il y a eu dans la vie de l'humanité des communautés instinctives et si elles ont laissé des survivances en des types sociaux plus élevés, s

Inversement l'usage habituel de la méthode génétique ne doit pas amener le sociologue à opposer une fin de nonrecevoir à la recherche qui nous occupe. La méthode génétique, c'est-à-dire la méthode qui classe les types sociaux et en cherche la filiation ne doit pas se proposer de subordonner la psychologie sociale aux doctrines du naturalisme. Le type social n'est pas un type biologique dont la nature

aurait accru la complexité. C'est une forme du lien social et de la discipline qui en résulte. Or professer à priori que la sociologie ne peut concevoir une discipline sociale rationnelle, ce n'est pas appliquer vraiment l'esprit de la méthode génétique : c'est en préjuger gratuitement les résultats.

Les partisans de la méthode génétique, Steinmetz notamment, nous semblent s'être montrés soucieux à l'excès de subordonner la méthode de flliation historique à la classi* fication naturelle des sociétés et se sont montrés infidèles aux meilleures leçons que puisse nous donner la biologie transformiste. La classification naturelle n'est qu'une construction subjective si elle n'exprime pas une généalogie. C'est donc la filiation qui est Tessentiel, la classification, l'accessoire. La psychologie sociale appuyée sur la philologie et l'archéologie n'a ainsi rien à envier aux sciences biologiques. Il n'est pas de recherche h laquelle la méthode génétique s'applique aussi exactement. Ne craignons donc pas d'être ici autre chose que des plagiaires de la biologie.

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