Ibid., ch. II et m en totalité
3. « Beide (Menschen und Thiere) verdanken ihre individuellen wie socialen Lebensgewohnheiten zûm allergrôssten Thiere der Erbschaft
On voit quelle est pour nous la gravité de TobjecUon. La méthode génétique paraît témoigner en quelque sorte contre ses propres conditions.
Wundt professe qu'il y a un abîme (Kluft) entre l'homme et ranimai. Non seulement Texpression mais Tidée même est inadmissible. Autant nous repoussons un évolutionnisme unilatéral qui tire les lois sociologiques d'une comparaison rapide entre les polypiers et l'individualité consciente de l'homme, autant nous pensons qu'il faut admettre, avec Kant, que l'humanité raisonnable a été greffée sur un être instinctif. C'est dans les lois logiques de Tentendement et dans l'essence du caractère que réside la différence entre l'homme et la bête ; mais on n'aperçoit ni l'une ni Tautre chez le jeune enfant. Les sociétés humaines se montrent, dans l'histoire, bien distinctes des communautés animales, mais la possibilité du développement historique n'a pas été donnée à tous ni dès l'origine. Si quelque Micromégas tombé d'un astre n'avait eu à observer que des Fuégiens, des Mincopi ou des Weddas, vraisemblablement il n'aurait pas opposé l'homme à l'animal dans les mêmes termes que Wundt.
C'est l'illustre psychologue qui nous donne lui-même le droit de mettre en doute la réalité de cet abîme quand il
frûcherer Geschlechter. Aber beim Thiere est dièse Erbschaft ganz und gar niedergelegt in den physischen Nachwirkungen, welche die generelle Eutwicklung in der Organisation zurûckliess; beim Menschen est sie, zii einem grossen Tlieile wenigstens, zugleich in der Form bewusster Uébei'lieferung erhalten geblieben. ïndem so der Mensch allein des Zusammenhangs mit der Vorzeit inné wird, gewinnt bei ihm jene Stetigkeit des Bewusstseins, welche beim Tiiiere meist nûr die nachsten Momente mit einander verknûpft. immer aber auf das individuelle Leben beschrankt bleit, eine Ausdehnung, die schon auf der niedersten Stufe mindestens die Tradition mehrerer Geschlechter umfasst, bis sie sich auf der hochsten tiber die Schranken der einzelnen Volksgeraeinschaft hinauszùr Idée einer zùsammerhangendenEntwicklung dergesammten Menschheit erhebt. Dièse geistige Verbindung der Menschen mit der Vorgangenheit, welche zugleich der Blick auf die Zukuuft in entsprcchenden Masse ûber das individuelle Leben hinausfuhrt, drûckt nun vor allem der menschlichen Gesellschaft ihr eigenthumiiches Gepnigo auf. » {Elhik. I" partie, chapitre m. g I. p. 107..
LES GOMMUNAUTKS INSTINCTIVES 221
nous montre la formation des mœurs soumise à la loi des trois stades. Le premier stade n'est pas consécutif, mais antérieur à Tinfluence des représentations religieuses ; ce sont des tendances sociales d'une nature très bornée qui forment alors la véritable assise des mœurs. L'erreur de Wundt est peut-être de se représenter Tégoïsme comme affectant fortement la conduite. La psychologie des communautés les plus incultes nous montre au contraire chez leurs membres Textrôme faiblesse du « sentiment du moi * »,
La difficulté serait de bien définir le premier stade des mœurs, et il faut convenir que la pensée de Wundt n'est pas formulée bien clairement. Au premier stade, correspondant aux phases préhistoriques, les mœurs se dégageraient lentement de Tégoïsme parce que les représentations religieuses ajouteraient leur force à celle des instincts sociaux, mais déjà au second stade les motifs sociaux et les motifs religieux seraient distincts. 11 faut donc admettre que le premier stade comprend en réalité deux périodes ; dans la première la religiosité s éveille à peine et les instincts sociaux (sociale Triebe) agissent seuls; dans la seconde la discipline sociale est pourvue d'une sanction religieuse. C'est précisément cette première phase que Tenicheff aperçoit chez les Eskimaux, et Samson Himmelstjerna, analysant la relation des frères Sarrasin, chez les Weddas de Geylan.
1. Die Entwicklung der sittlîchen Anschauungen zerfallt. wo immer sie uns in zureichender Vollstandigkeit gegeben ist, in drei Stadien, deren charakteristiche Merkmale hauptsâcblich durch das wechselseitige verhâltniss der verschiedenen neben einander heriaufenden Einzelentwicklungen bestimmt werden. Die Ânfunge des sittlichen Lebens sind ûberall von hOchst gleichartiger, Beschaffenheit : die socialen Triebe sind hier von beschrànkler Natur. durch ein rohes selbstgefûhl ûberwuchert, und in Folge dessen werden hauptsachlich aussere Vorziige als Tugenden geschâtzt die dem Triiger seibst und seinen Genossen nûtzlich sind. Dieser Zustand fast noch ganzlich schlummernder sîttlicher Regungen wird zumeist durch den Einlluss religioser Vortellungen und durch die wech selwirkungen ûberwunden, in welche die religiosen Gefûhle mit den socialen Trieben treten. Es beginnt damit das zweite Stadium in dem zugleich, den unterschieden religioser un socialen Bedingungen entsprechend eine waschsende Differenzierung der Lebensauschanung eintritt. {Elhiky r« partie, ch. iv. 3. />.)
Wundt n'a guère étudié rînfluence morale des mythes que chez les Grecs et les autres Indo-Européens. Peut-être en a-t-il ainsi exagéré Timportance. Lang et à sa suite d'autres mythologues plus immédiatement contemporains ont montré fortement dans les mythes des Grecs, des Égyptiens, des Hindous, les survivances des mythes des sauvages les plus grossiers*. Attribuerons-nous donc aux sauvages les mœurs déjà réglées des cités grecques primitives? Ce serait aussi difficile que d'attribuer à Tinfluence des soreîers Angekoks l'inspiration des œuvres collectives exécutées par les Eskimaux.
Il existe donc, à l'origine des sociétés humaines, une communauté instinctive. Elle est l'œuvre de tendances communes à Thomme et à l'animal et qui tendent à faire prédominer la symbiose sur l'antagonisme et le parasitisme. Ces tendances qui portent l'animal et l'homme à la vie collective ne disparaissent jamais, mais l'activité mentale se les assujettit graduellement chez l'homme et elles ne tendent plus à leurs fins directement. Il y faut l'art et une discipline sociale constamment compliquée. Chez les animaux, au contraire, elles restent directrices et s'assujettissent l'intelligence. Aussi les mœurs, au sens strict, sont-elles propres à l'homme, et d'elles seules peuvent naître le droit et la moralité. Mais les mœurs ne doivent pas être opposées aux grands instincts collectifs d'oîi elles tirent leur genèse. A mesure que la finalité rationnelle prévaut sur la finalité instinctive, les mœurs elles-mêmes s'effacent devant le droit et la moralité réfléchie et il n'en subsiste plus que des survivances, tout à fait analogues à celles qui rattachent notre civilisation à des communautés préhistoriques, plutôt inférieures que supérieures à celles que forment encore aujourd'hui les Eskimaux et les Weddas.
1. Lang. Mythes, cultes et religions, passim (trad. Marillier, Paris, P. Alcan).
LTiîstoire et l'ethnographie comparée nous montrent que les sociétés d'un type inférieur ne disparaissent pas sans laisser des vestiges de leur existence dans les institutions des sociétés des types supérieurs, dans les usages, les croyances, la discipline. Ces vestiges ont reçu le nom de survivances. En étudier le sens et la portée intéresse le critique philosophe autant que le sociologue ;spécial. Attestent-elles en effet la persistance des liens instinctifs dans les sociétés civilisées ? Prouvent-elles au contraire que l'activité rationnelle a pu transformer les relations humaines sans dissoudre la discipline sociale ? Telle est la question qui s'impose à notre examen.
Une institution ou une coutume mérite le nom de survivance toutes les fois qu'elle n'a plus de racines dans les idées, les croyances, les besoins, les préjugés mômes des hommes d'un temps et que l'habitude de respecter le passé la soutient seule. Pour reprendre un exemple déjà cité par Fustel de Coulanges*, on expliquerait vainement par une disposition générale de la nature humaine l'institution de la noblesse qui est encore dans plusieurs états de l'Europe représentée par des assemblées politiques spéciales. La nobility de l'Angleterre est en contradiction avec toutes les aspiratiojis démocratiques de la société britannique : nous