LA RÉGRESSION SOCIALE COMPARÉE A LA RÉGRESSION BIOLOGIQUE
A la conclusion qui précède, le mécanisme peut opposer une objection, c'est que le progrès social amène inévitablement la dégénérescence physiologique et par suite une forme de la régression contre laquelle aucune culture, aucune discipline ne peut prévaloir.
La civilisation rationnelle est l'œuvre des villes ; en même temps elle détermine un accroissement régulier de la population urbaine. La grande ville est en effet le produit d'une activité commerciale, industrielle, d'une division du travail qui dissout peu à peu le vieil atelier domestique ou corporatif et détermine inévitablement une triple concurrence, entre les producteurs, entre les consommateurs, entre les producteurs et les consommateurs. De là une inévitable régression fonctionnelle qui a sévi sur la civilisation grécoromaine et qui frappe maintenant la civilisation occidentale tout entière. L'accroissement de la folie dans toutes les classes, l'accroissement de la misère physiologique parmi les travailleurs ruraux appelés dans les villes, en est la preuve. La dégénérescence est le lot obligé des populations urbaines.
Or elle aurait pour conséquence une double régression sociale, une régression morale dont la progression régulière du nombre des crimes, des suicides, des divorces est le fruit,
i . Ce chapitre est nouveau : il ne figurait pas dans le manuscrit soumis à l'Académie.