‹ L'idée d'évolution dans la nature et l'histoireChapitre 77 sur 95 · Havelock Ellis. ch. v, p. lU · texte numérisé non relu

Havelock Ellis. ch. v, p. lU

elle subit moins les effets de la sélection sexuelle et cependant le cerveau serait plus développé chez elle que chez Thomme ? Aucun fait nUnflige à la 'doctrine de la sélection un démenti plus complet et plus probant.

Il est exact cependant que la femme ne déploie pas une activité mentale supérieure à celle de Thomme, qu*on ne peut contester que rhomme ne surpasse la femme dans toutes les branches de Tactivité, qu^elles exigent ou non le concours de Tintelligence. Quelque cause fait donc obstacle à la supériorité de la femme, la voue même à une réelle infériorité sociale. Mais on ne cherchera pas cette cause dans la concurrence vitale si Ton n'a pas l'esprit comme obsédé par cette formule d'économiste. Pourquoi ne résiderait-elle pas dans quelque fonction de l'organisme féminin?

Tous les éducateurs dans tous les pays sont frappés de la précocité intellectuelle des jeunes filles et de leur supériorité sur les jeunes gens de leur âge. Ce sont des élèves plus attentives, plus aptes à profUer de l'enseignement qui leur est donné. En revanche la femme adulte tient rarement d'une façon complète les promesses de la jeune fille. Il semble que chez la femme mariée, les facultés mentales subissent un arrêt de développement, arrêt qui ne s'observe pas chez les femmes vouées au célibat. C'est toujours parmi celles-ci que l'on rencontrera les spécimens les plus élevés de l'intelligence de leur sexe.

Nous tenons dès lors la cause de l'arrêt du développement de Tintelligence chez la femme. Ce n'est point autre chose que la gestation qui exerce si souvent une influence perturbatrice sur le raisonnement et même sur les émotions. L'homme doit sa supériorité uniquement à ce qu'il est moins sacrifié à la perpétuité de l'espèce. Encore faut-il qu'il réussisse à exercer un certain contrôle sur ses instincts génésiques. C'est pourquoi la balance des facultés mentales dans les deux sexes se renverse à Tàge adulte. L'intelligence de la femme brille de tout son éclat avant vingt ans et ce n'est guère qu'après trente ans que l'homme est en possession de toutes ses facultés intellectuelles.

Nous sommes ramenés au rapport déjà constaté entre l'activité du cerveau et l'infécondité relative de l'individu ou de l'espèce. Le cerveau croit à mesure que l'organisme paie un tribu moins lourd à la reproduction. La loi énoncée par Spencer et Lombroso, l'antagonisme de l'individuation et de la genèse, contient l'explication que nous refuse la loi de sélection naturelle. Elle est incompatible avec cette hypothèse.

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