‹ L'idée d'évolution dans la nature et l'histoireChapitre 82 sur 95 · El poilrer duelo de EspaHa, Jornada lU · texte numérisé non relu

El poilrer duelo de EspaHa, Jornada lU

plutôt une des nombreuses manifestations de Tidéal social et juridique conçu par la caste brahmanique ^ Mais, pour Thistoire des idées, peu nous importe. Or, au livre VIII de ce code, nous voyons clairement l'épreuve judiciaire naître de l'indécision du juge en présence des lacunes des témoignages. L'écrivain hindou pose d'abord la règle de la preuve presque en la même forme que nos codes : « Lorsqu'un créancier vient porter plainte devant le roi pour le recouvrement d'une somme prêtée que retient le débiteur, qu'il fasse payer le débiteur après que le créancier a fourni la preuve de la dette ^ ». — « Sur la dénégation d'un débiteur sommé devant le tribunal de s'acquitter, que le débiteur appelle en témoignage une personne présente au moment du prêt ou produise une autre preuve comme un billet'. i> — Les préjugés relatifs aux castes décident en principe de la valeur des témoignages. Cependant, « s'il s'agit d'un événement arrivé dans les appartements intérieurs, dans une forêt ou dans un meurtre, celui, quel qu'il soit, qui a vu le fait, doit porter témoignage entre les deux parties. — Dans de telles circonstances, au défaut de témoins convenables, on peut recevoir la déposition d'une femme, d'un enfant, d'un vieillard, d'un élève, d'un parent ou d'un domestique^. »

Ainsi, tant que le témoignage est concluant, la procédure suit un cours logique; elle se jette dans le surnaturel et le merveilleux au moment où le témoignage fait défaut. « Dans les affaires pour lesquelles il n'y a pas de témoins, le juge, ne pouvant reconnaître parfaitement entre deux parties contestantes de quel côté est la vérité, peut en acquérir la connaissance par le moyen du serment *. » — « Ou bien, suivant la gravité du cas, qu'il fasse prendre du feu avec la main à celui qu'il veut éprouver, ou qu'il ordonne de le plonger dans l'eau ou lui fasse toucher séparément la tête de chacun de ses enfants et de sa femme. Celui que la flamme ne brûle pas, que Feau ne fait pas surnager, auquel il ne survient pas de malheur promptement, doit être reconnu comme véridique dans son serment*. »

Ici l'ordalie est l'épreuve de la sincérité d'un serment; mais il est des cas où elle sert à éprouver la valeur d'une simple disposition. Nous lisons en effet cette curieuse disposition : « Le témoin auquel dans l'intervalle de sept jours après la disposition, il survient une

Page 1