‹ L'idée de Dieu d'après l'anthropologie et l'histoire: conférences faites enChapitre 20 sur 23 · LAVENIRDU CULTE D APRÈS SO» PASSÉ · texte numérisé non relu

LAVENIRDU CULTE D APRÈS SO» PASSÉ

L'évolution dn sacrifice.

On commence par s'imaginer que les êtres surhumains mangent et boivent comme les hommes. Le Caraïbe croyait entendre un craquement de mâchoires, quaod ses « cemis » étaient censés dévorer les provisions déposées à leur intention dans des huttes spéciales. Les nègres de Labode prétendaient de même entendre le bruit que faisait leur fétiche, en débouchant les bouteilles de rhum mises à sa portée.

Celte illusion peut être entretenue par le fait qu'à la longue les viandes se corrompent ou deviennent la proie des animaux, que les boissons s'évaporent ou pénètrent dans le sol. Les Ostiaques, quand un voyageur russe a vidé, pendant la nuit, la corne remplie de tabac qu'ils ont déposée devant leur idole, disent que le dieu est sans doute allé à la chasse pour avoir tant prisé {'). Ainsi s'explique la prédominance de certains modes de sacrifiée qui facilitent la disparition de l'offrande, par exemple, l'enfouissement ou l'immersion des objets, quand il s'agit des divinités soit souterraines, soit aquatiques, et l'incinération, quand il s'agit de dieux célestes ou atmosphériques.

C'est surtout le feu qu'on charge volontiers de cette mission, noa seulement p:)rce qu'il volatilise rapidement tous les objets combustibles, mais encore parce qu'il laisse l'impression de les avoir emportés au ciel avec la fumée : « Agni, dit le Rig Véda, seule l'offrande que tu enserras de toutes parts pénètre

(') Ttlor, Civilitation primitive, t. Il, p. 490491.

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