‹ L'idée de Dieu d'après l'anthropologie et l'histoire: conférences faites enChapitre 21 sur 23 · L AVENIR DU CULTE D APRÈS SON PASSÉ. 2TS · texte numérisé non relu

L AVENIR DU CULTE D APRÈS SON PASSÉ. 2TS

afln que celui-ci iirofilât de l'odeur de la viande C). Au même ordre d'idées se rattachent les offrandes de graisse brûlée, qu'on trouve chez tant de peuples, depuis les Juifs et les Grecs jusqu'aux Zoulous, ainsi que la combustion d'encens ou de parfums qu'on rencontre chez un plus grand nombre de nations encore. « L'odeur, constate Homère, s'élevait jusqu'au ciel eu tourbillon de fumée » ('), et on sait que les holocaustes ont été longtemps « d'agréable odeur à l'Eternel » ('i.

D'autre part, à mesure que l'on fait, jusque dans les choses, la distinction de l'àme et du corps, on tend à admettre que les êtres sui'bumains se bornent à absorber le principe spirituel, le double de l'oflrande. J'ai déjà cité la réponse d'un nègre, que ce n'était pas l'arbre qui mangeait l'offrande, mais bien l'esprit de l'arbre qui absorbait l'esprit de l'offrande. Certains critiques ont déclaré que celte interprétation était trop raffinée pour être vraie. Cependant, nous la rencontrons plus ou moins explicitement formulée dans bien d'autres parties du monde.

Dès lors — conséquence remarquable — peu importe ce que deviendra l'offrande elle-même. On peut la jeter, la laisser se corrompre, l'abandonner aux animaux, aussi bien que l'enfouir ou la brûler; on peut aussi la manger soi-même. C'est même cette dernière coutume qui tend à prévaloir — d'abord

Cl R. et J. Lander, Journal d'une expédition sur le Niger. Paris, i852,t. m, p. 118.

(*) Ilitidi; 1,317.

(') Lévilique, 1, 17.

Î76 CHAPITRB VI.

parce qu'ainsi, il n'y a rien de perdu — ensuite parce que c'est un moyen d'entrer en communion avec les dieux par la participation à un repas, en même temps que de donner au sacrifice un caractère de solennité, de fête sociale et religieuse. — Telles sont certainement les idées qui se retrouvent à l'origine des banquets sacrificiaux communs à toutes les religions organisées. On a vu plus haut que les indigènes du Minnesota expliquaient leurs repas funéraires, en disant que le défunt absorbe la partie spirituelle de l'offrande, alors qu'eux-mêmes en mangent la partie matérielle ('). Parfois, celle dernière est abandonnée aux prêtres, qui sont ainsi directement intéressés à la multiplication des sacrifices : « Ce qui restera du gâteau sera pour Aaron et ses fils » {Lhit., II, 5). Ou, enfin, elle est donnée aux pauvres, comme on le voit dans certains temples de l'Inde contemporaine (*).

Le don deveiut on liommage.

La croyance que les dieux absorbent seulement

(') Il est intéressant de constater qu'une superstition analogue a survécu dans des pays européens oii l'on croit que le repas des survivants contribue au rachat des âmes. On a encore constaté récem. ment, dans certaines localités flamandes, l'usage de confcetionner, au jour des Trépassés, des pannekoeken qu'on mangeait au profit des défunts. Chaque crêpe ainsi avalée rachetait une âme, MM. Henry Havard et Ginisty rapportent respectivement qu'à Brugeset àDixmude on payait, en conséquence, certains individus pour mni^er le plus possible de ces gâteaux, aussi indigestes pour les vivants qu'efficaces pour les morts.

(-) A. CuEVBiLLON, dans la Beiïue rfe* Deux Mondes, du 1" mars 1891, n. 100.

l'avenir du culte i/apbès son passé. 27"

l'âme de la victime, jointe à la conviction croissante que leur existence et leur félicité ne dépendent pas de la générosité humaine, en diminuant l'importance objective du sacrifice, tendent à y faire prévaloir la notion d'hommage sur celle de don réel ou de service rendu.

D'où deux conséquences assez contradictoires en apparence, l'une qui se traduit par une aggravation, l'autre, par une atténuaiion du sacrifice.

D'une part, puisque c'est l'intention qui fait le mérite du sacrifice, sa valeur sera d'autant plus grandequeleGdèle s'infligera une plus grande privation ou qu'il offrira un objet plus précieux à ses propres yeux. Chez les Grecs, — où l'hospitalité était une institution sacrée, sous la protection spéciale de Zeus, — il fut un temps où l'immolation des étrangers était un des sacriûces les plus chers au Zeus lycien ('). On sait combienles Sémites attachaient d'efficacité au sacrifice du premier-né. Quand le roi de Moab se vit assiégé dans sa capitale par les forces réunies d'Israël, de Juda et d'Edom, il sacrifia son fils aine sur les remparts, et ce spectacle frappa les alliés d'une telle terreur qu'ils s'empressèrent de lever le siège. De même, quand Carthage fut réduite à toute extrémité, on força les meilleures familles à livrer leurs premiers-nés pour être brûlés dans la grande statue creuse de Baal Hamman; hideux sacrifice qui n'empêcha pas le triomphe de Rome. De là encore, l'idée, toujours en faveur dans certaines religions, que l'abandon total

[■] Cf. A. HivRi, Religions de la Grèce antique, t. I, p. 184.

biens constitue, aux yeux de la B plus méritoire, parce que c'est i, aussi, cette forme d'ascétisme Br des abstinences et des jeûnes, rocédé expiatoire, ou même à se aent, dans le seul but de plaire :e qui n'est pas indispensable la vie réduite à sa plus simple

lation dn sacriflca.

u'il s'agit seulement d'un homsuffire, et on n'hésitera pas à e tout, l'inférieur pour le supélur la réalité. C'est surtout dans fice bumain qu'on peut constater pie méthode.

'. tout. — Telle est l'origine des s oîi l'homme — et particulièret censé se donner tout entier à la B partie de son corps en remplaitier, tantôt par l'ablation d'une , d'un morceau de chair, d'une itôt par une scarification, c'estsaignée périodiquement renou-

e, les druides, qui avaient jadis jmain, se bornaient à verser sur ig ('). C'est également ce qui se

lUia, liv. )][, chap. 11 (dans les Rerum [B, 1738, t. I, p. 51).

L AVENIR DU CULTE d'aPRIiS SOU PASSE. 379

passa dans l'Inde, où les brahmanes avaient maintenu, dans certaines solennités, roffrande de sang humain, mais seulement « jusqu'au quart de ce que peut contenir une feuille de lotus » ('). En Grèce, Pausanias rapporte qu'à Sparte, l'autel d'Artémts devait être arrosé avec le sang de victimes humaines tirées au sort. Lycui^e les remplaça par de jeunes garçons qu'on devait fouetter sur l'autel jusqu'au sang (*j. Dans l'Amérique centrale, où le sacrifice humain atteignait des proportions monstrueuses, Quetzacoatl, le moins sanguinaire des dieux mexicains, passait pour y avoir substitué une simple saignée f). Enhn, il n'est pas certain que, chez les Juifs, la circoncision n'ait servi à une atténuation de ce genre. Nous lisons, en effet, dans VExode que, comme Moïse, en route pour l'Egypte, s'était arrêté dans une hôtellerie, l'Eternel alla à sa rencontre et chercha à le faire mourir; mais que sa femme Séphora, pour le sauver, se hâta de circoncire son âls (^j.

Souvent on se borne à offrir les peaux, la tête, les cornes, les entrailles des animaux immolés. Le dernier mot de l'atténuation, en cette matière, nous est

(') A. DE GuBERNATis, Mythologie des plantes, t. Il, p. 209.

(') Pausanias, liv. 111, ch. XVl.

('] A. Rëville, Religions du Mexique et du Pérou, p. 64.

(*) Exode, IV, ii-iS. Cette signification originaire de la circoncision semble clairement résulter du passage de Sanchoniatbon, où il est dît qu'à la suite d'une famine et d'une peste, Cronos, après avoir sacrifié son fils unique, se circoncit lui-même et contraignit ses compagnons à se circoncire également. Cf. Lenohmant, Origines de l'histoire, t. I, 1880, p. 546. — Aux iles Fidji, quand un personnage important est frappé de maladie, on circoncit, non le malade, mais son fils ou quelque jeune homme de bonne volonté.

fourni par les Parsis qui, au lieu de sacrifier un bœuf, se bornent à brûler quelques poils de ranimai. De même au Pérou, on se contentait parfois de s'arracher un poil de la barbe et de le souffler dans la direction de l'idole (').

B. L'inférieur pour le supérieur. — Ailleurs, on diminuera le fardeau ou la cruauté du sacrifice, en livrant au couteau, pour remplacer des victimes plus précieuses, soit des criminels, des captifs, des étrangers, des esclaves, soit des animaux — comme dans le sacrifice d'Abraham, où Jabveb permet au patriarche de lui offrir un bélier en remplacement d'isaac. — En Grèce, également, on avait substitué, dans certains sacriûces, l'immolation d'un animal à celle d'une victime humaine; seulement, pour rester fidèle aux anciens rites, on commençait par amener devant l'autel un homme qu'on laissait ensuite s'échapper ('}.

C. Le simulacre pour la réalité. — Partout oii l'on voit offrir aux divinités des figures humaines, — comme ces mannequins qu'on jetait dans le Tibre à certaine. époque de l'année, — on peut être certain qu'on se trouve devant une survivance d'anciens sacrifices humains. Ce mode d'atténuation a été également appliqué anx sacrifices d'animaux et, en général, à toutes les offrandes qui entraînaient, pour le Qdèle, une perte considérable. Ainsi, chez les Grecs, ceux qui n'avaient pas le moyen de sacrifier des animaux se bornaient à en offrir l'effigie en pâte ou en bois (^).

(') A. Rëville, Religions da Mexique ol du Pérou, p. 348. {<) A. Madiiv, Religions de ta Grèce antique, t. If, p. 105. (1) A. Maurï, m., t. H, p. 95-96 et 10t. — Cf. [ Samuel, VI, i-5.

LKi,-,,.C.L,CiOl")glç

l'avenir bu culte d'apuès son passé. 281

Celle idée reparaît encore dans les ex-voto, en cire ou en métal, représentant des membres malades, que nous voyons suspendre dans les chapelles des saints ou des madones en possession d'une réputation miraculeuse. Tavernier a constaté l'exislence du même usage dans rinde (^).

Ce genre de substitution est favorisé par la croyance populaire que le portrait vaut l'original. Chez les Egyptiens, on allait jusqu'à s'imaginer que le double des provisions peintes sur les murs des tombeaux à l'usage des défunts, se renouvelait indéfiniment dans l'autre monde,aussi longlempsque leur représentation persistait dans celui-ci. C'est cette même confusion entre la copie et le modèle qui, dans un autre ordre d'idées, a produit l'envoûtement, c'est-à-dire la croyance qu'on pouvait faire périr une personne en infligeant des blessures à son efSgie.

On ira même plus loin en admettant qu'on peut remplacer le sacrifice par un simple simulacre de l'opération. Chez les Sémites, on se bornait souvent à faire passer les victimes au travers ou au-dessus de la flamme. Cet usage s'est rencontré parmi les M?.décasses, les anciens Mexicains, les Malais et les Birmans. Toutefois, il importe de bien examiner s'il n'y a pas là, comme dans le baptême par l'eau, une sorte de purilication. Souvent, chez les peuples non civilisés et même dans nos classes populaires, la même pratique combine des mobiles fort différents. Au xvi' siècle, dans certaines parties de l'Ecosse, quand

(') Rettue des traditioni populairei, 1889, t. IV, p. 20.

CHAPITRB Tl.

téme, on faisait passer l'enfant à feu, en disant chaque fois : « Que ire, maintenant ou jamais ('}. »

suffit, il est assez naturel que la d'un commencement d'exécution.

icrifice d'Isaac, Jahveh arrête le moment oià le couteau est déjà j mets point la main sur l'enfant, connu que tu crains Dieu, puisefusé ton fils » (Genèse, XXII, 12).

constater que des traditions analées chez les Grecs et chez les lit, à Lacédémone, qu'un oracle ilation d'Hélène pour mettre fin à moment oîi le sacrificateur levait ni avait tout à coup enlevé des 'était l'empereur Thang qui s'était lontaire pour mettre fin à une moment où il allait être procédé envoya une pluie abondante (^).

l'achèvement de la cérémonie ne fait indépendant de la volonté clair que de pareils précédents Dmme un signe manifeste que la ^sonnais à réclamer de pareilles

ccomplissement des préliminaires

ni on poputar antiquities. Londres, 1841,

le la Grèce antique, t. [1, p. 101, 105.

m chinoUe, 1. 1, p. â07.

l'avenir dc cclte d'après son passe. 283

peuvent même devenir des Formalités inutiles. Dans l'hindouisme, tes sacrifices mentaux du brahmane qui mène la vie solitaire au sein des forêts, l'emportent en efBcacité sur les ofTrandes les plus nombreuses et les plus sacrées du culte extérieur.

Transformation morale du sacrifice.

La pénétration de la morale dans la religion tend à modifier [irorondëmcnt la notion du sacrifice, sinon à le supprimer complètement, en tant qu'offi-ande à la Divinité. Le prophète Osée fait dire à l'Éternel : « Je [irends plaisir à la pitié et non aux sacrifices, à la connaissance de Dieu plus qu'aux holocaustes ('). » Dans ce vieux pays de Chine où l'offrande constitue la base de tout le culte, oii l'on sacriHe partout, — Jusque dans la chaire du professeur qui n'ouvre pas son cours sans offrir aux philosophes défunts des fruits et des légumes, — Confucius a écrit, il y a vingt-li-ois siècles : « Le parfum ne vient pas du grain (du sacrifice); mais la pureté et la vertu constituent ce parfum (*). » Dans l'Inde, — où, suivant les écoles sacerdotales, le sacrifice fait de l'homme l'égal et même le supérieur des dieux, — le poème sacré du Mahàbliàrata renferme des maximes de ce genre : « Le fait de dire la vérité vaut mieux que mille sacrifices. » « SacriQces, vie solitaire, austérités, sont inutiles, si on n'a pas le cœur pur (^. »

Il n'est donc pas surprenant que le sacrifice de pro-

(') Osée, VI, 6. - Cf. Isaie, 1, 11-17, et M*thieu. V, 23-M. {*) Girard de RrALLE, Mythologie comparée, p. Hi. (>) Mahâbhàrata, III, i&U et iUéA.

CDilPlTUE VI.

m ait, pour ainsi dire, disparu des religions îalisles. Le judaïsme, réalisant, dans ses syna- , l'idéa! ecclésiastique des anciens prophètes, l'a (né, du moins en théorie, depuis la destruction iple. Le bouddhisme, le christianisme et t'islal'ont d'abord formellement rejeté. Cependant [)itudes populaires ont été, ici encore, plus jue l'esprit réformateur. Sous l'infiltration des citions hindoues, le bouddhisme s'est ouvert lations en l'honneur du Maître qui avait prol'inutilité des offrandes. L'islam a dû tolérer le ;n des sacrifices sanglants sur les tombes, il y a une quarantaine d'années, aux funédu vice-roi d'Egypte, Mehemet-Ali, ou égorgea ■vingts bufiQes ('). Il est vrai que chez les nans, ces sacrifices sont interprétés comme des ;es d'expiation, ayant pour but d'effacer les véniels du défunt. C'est également avec cette on spéciale que le sacrifice s'est maintenu ou, veut, réintroduit dans le christianisme. D'une ous trouvons, dans l'Église romaine, l'usage de uer des aumônes, d'instituer des œuvres pies et i célébrer des messes pour le rachat des péchés. : pari, la soif de purification, si répandue aux ■s jours du paganisme, et la croyance à la nécesin sacrifice pour le rachat des fautes, sacrifice iflicacité devait être d'autant plus grande que ta ! était plus importante, eu se combinant avec

lie de l'histoire des religions, t. X, p. 35i-.^52. — Le même renouvelé aux récenles tunérailles d'ismael-Paclia. (Corresp, tal des Débats d» 20 janvier 1892.)

l'aveSIU du r-ULTE D APDÈS SON PASSÉ. 28S

rîDterprélation que les prophètes post-exiiiens avaient donnée aux idées messianiques, engendrèrent la croyance que rimmolatiou volontaire d'un dieu pouvait seule opérer le salut de l'humanité déchue, et ainsi se forma le dogme chrétien de l'expiation vicariale sur la croix. Bien plus, donuantà la célébration de lacène, que Jésus avait conservée à titre symbolique, en souvenir de la pàque juive, une Interprétation mystique, qui a peut-être ses antécédents dans les rites des mystères grecs ('), on réinstalla, dans le culte même, sous forme de sacrement, l'institution du sacrifice.

On sait comment la Réformation proscrivit les offrandes pour le rachat des péchés, en même temps que le trafic des indulgences. Est venu ensuite le protestantisme libéral, qui rejette le dogme de l'expiation par le sang du Christ et qui ne conserve plus la cène qu'à titre de banquet eommémoratif. Un mouvement analogue s'est produit dans le judaïsme progressif et dans le brahmanisme réformé, oii Ton proclame que le repentir est l'unique moyen de racheter les fautes et que l'accomplissement des bonnes œuvres, en prenant ce terme au sens le plus large, est la seule voie pour plaire à la Divinité. Si, dans ces communions, l'encens fume encore sur quelques autels, si des fleurs y décorent le temple lors de certains anniversaires, ce n'est plus pour offrir à la Divinité une vaine satisfaction de ses sens, mais pour contribuer à satisfaire ce sentiment esthétique qui n'est nulle part mieux à sa place que là où il s'associe aux émotions les plus

[') Cf. Edw. IUtcii, Influence of Grcck Ideas and Umifes iipon Ihe Christian Churcft. Londres, 1890, p. 500 et suiv.

enthousiastes du cœur humain, le à l'intérieur des communions ;rifice a disparu, l'esprit de sacricré dans In nature humaine, a itifier avec l'obéissance au devoir int à toutes les causes justes. L'abètre l'ascétisme, elle est devenue e la tyrannie des passions; enfin, ïntribuent à développer le pairion et de la bienfaisance sont toupies, en ce qu'elles favorisent qui nous fait travailler au progrès mour.

)lntioii du symboUame.

jectifs, c'est-à-dire les actes ou les à rendre nos sentiments intimes, l'hui d'une application joui-nalière se comme dans la vie sociale. Les aru, ce sont ceux qui étaient conhumaine ou au sérieux de la vie.

pvivent onl-ils grande chance de gtemps que la religion suscitera extérieures, el surtout des manifes- L'homme, en effet, n'utilise pas lisme pour rendre ses plus intimes Ique sorte palpables à la Divinité, s rehausser à ses propres yeux et 'lager avec ses semblables.

ji concerne tes symboles figuratifs,

l'avbhir du culte d'après son passé. 287

qui oQt pour but de représenter soit la Divinité, soit un de ses attributs, une sélection lentement poursuivie a de plus en plus leléj^ué dans l'ombre les images qui blessaient la morale, l'humanité ou le bon goût. Quant à celles qui sont exemptes de ces dérauts, la question de savoir dans quelle mesure elles se maintiendront dépend moins de la nature dn symbole que de la persistance des sentiments auxquels il sert d'expression. Il n'y a aucun motif pour ne pas coniinuer à représenter l'omnisclence divine par un œil entouré d'une gloire, la Providence par une main sortant d'un nuage, — pour autant, toutefois, qu'on prêtera à la Divinité la faculté de connaître et de régler providentiellement les affaires de ce monde. D'un autre côté, même un symbole thériomorphique, comme le serpent qui se mord la queue, n'aura aucune raison de disparaître, tant que les hommes éprouveront le besoin de donner une forme sensible à la notion de rinûni ou de l'éternité. Il en est encore de même pour les symboles ou plutôt pour les idéogrammes tirés de l'écriture, qui servent à représenter le nom de la Divinité, comme le télragramme sacré des Hébreux, Valpha et Voméga du christianisme primitif, Yaum des Hindous; à plus forte raison pour les emblèmes qui ont été amenés à typiûer les différents coites, comme la croix des chrétiens, le croissant de l'islam, la roue des bouddhistes, ou encore comme cette combinaison de la croix et du croissant avec Yaum des brahmanes et le trident des sivaïtes, que certains brahmaïstes de l'Inde ont gravée sur le fronton de leurs temples, en vue de marquer leur attitude syncré-

vis des principaux cultes de leur pays (*).

ÊTolntion dn symbolisme imiutif.

aies imitaiifs sont peut-être ceux qui ont ps rempli in fonction la plus importante, eileni de transformer le culte en une vérilentation dramatique de la vie du dieu, ;r en même temps satisfaction au besoin ::; la nivînité,qui est un facteur essentiel du iligieux. J'ai cité des exemples oii certaines de ce genre, impliquant à l'origine une naturiste de l'univers, avaient survécu i les traditions populaires et même les ux de notre époque. Le rôle des symboles mdit encore, quand l'anthropomorphisme m point de prêter aux divinités non plus 3s sentiments, mais encore la physionomie . Us deviennent alors une mythologie en onstiiuent de véritables représentations urtout chez lés peuples oîi l'art a pris assez r combiner les jouissances esthétiques avec ions du sentiment religieux. D'autre part, >mmence à rougir du caractère anthroposous lequel on représente les dieux, on le plus en plus les scènes où sont reproi aventures. Ici, cependant, le symbolisme modifie, encore une fois, dans deux direcèles, l'une ésotérique ou mystique, l'autre ou populaire.

l!oMoiiD*R, The Life and Teacktngs of Keshuh Chitn- Un, 1887, p. SOI.

l'ave^irou oulte-d'aprës son passé. 389 '

La première a donné naissance aux mystères de la Grèce, oiî les néophytes étaient mis en communication avec les puissances surhumaines par l'entremise de vieux rites plus ou moins en désaccord avec les progrès de la raison et de la conscience, mais désormais relevés, et, pour ainsi dire, transfigurés par leur entrée au service de quelque haut enseignement métaphysique ou moral.

La seconde évolution, en sécularisant de plus en plus la légende des dieux, a fmi par aboutir au théâtre profane. C'est ce qui est arrivé non seulement en Grèce, mais encore en Perse, dans l'Inde et jusqu'en Polynésie, oii la corporation des Areoi mettait en scène les aventures mythiques de ses dieux ('). Tout le monde sait comment notre théâtre est sorti des représentations religieuses qui, au moyen âge, portaient le nom de mystères, et qu'on eu célèbre encore aujourd'hui dans quelques localités de l'Allemagne, notamment à Ober-Ammergau.

Enfin, le symbolisme imitatif, ou plutôt ce désir d'union par imitation, qui est au fond de tous les cultes, tend à changer de nature et, sous la pression de l'idée morale, à se tourner vers un autre objet que la représentation matérielle des actions divines.

Nous avons vu que certains peuples très arriérés, tels que les Hottentots, se livrent, en l'honneur de la lune, à des danses où ils s'efforcent d'imiter les mouvements de cet astre. Quand la terre tremblait, les Caraïbes se mettaient à danser, parce que, disaient-ils,

(<] Alb. Réville, Religions des peuples non civiHsés, t. Il, p. 307. '

quand notre mère danse, il faut bien faire comme elle. Nombre de peuples célèbrent, au solstice d'biver, des cérémonies où ils symbolisent la mort et la résurrection du soleil. D'autres, an contraire, comme les Tartaies et les habitants des îles Andamans, s'abstiennent de travailler entre le coucher et le lever du soleil.

Autrefois, dans certaines parties de l'Allemagne, du Danemark et de la Belgique, il était interdit de Taire rouler un chariot pendant les douze jours qui suivent le solstice d'hiver. « Le soleil se reposant alors, fait observer M. Gaidoz, son symbole, la roue, devait également s'arrêter. » Dans quelques localités, suivant MM. Schwartz et Kuhn, il était même défendu de se livrer à certains travaux, tels que de filer ou de porter du fumier sur les champs; « c'était comme un sabbat de douze jours u (').

Nulle part le sentiment qui porte l'homme à imiter les corps célestes n'est peut-être plus naïvement exprimé que dans la prière d'une vieille Samoyède au soleil, reproduite par Castre» : « Filibeamberje, je me lève quand tu te lèves ; je me couche quand tu te couches. » Cependant, c'est la même pensée, avec un degré d'abstraction et de généralisation en plus, qui reparaît dans la théorie chinoise : que l'homme doit se conduire méthodiquement, d'après des règles fixes, afin d'imiter les procédés par lesquels le Ciel détermine le mouvement des astres et des phénomènes terrestres. « Les dieux, dit de son côté Cicéron,

('] H. Gaidoz, Le dieu gaalois du soleil et le tymbolùme de la roue. Paris, 1886, p. 32.

l'avenir m CULTE y APRÈS SOM PASSÉ. 291

ont mis dans rhomme une âme immortelle, ailn qu'il y ait des êtres terrestres pour imiter l'ordre céleste par la régularité et la constance de la vie ('). » Assu* rément, il y a fort loin des danses astronomiques du Hottentot au commandement du Lévitique : « Soyez saints, car moi, l'Ëternel, votre Dieu, je suis saint », ou à ta maxime de Platon : « Dieu est souverainement juste et rien ne lui ressemble plus qu'un homme juste j^. » — Mais je ne crois rabaisser ni la philosophie grecque ni la foi israélite, en montrant que, sur ce point, toutes deux se rattachent, par une série ininterrompue de progrès intellectuels et religieux, aux premiers et uaïfs balbutiements de la conscience humaine dans sa recherche d'une communion avec son idéal.

La ■ymbolism» aiudliaire dn progrte religieux et du libre examen.

Il arrive parfois que des symboles passent à l'état de fétiche ou de conjuration. C'est quand les rapports analogiques dont ils sont l'expression sont tenus pour des rapports réels. Ainsi l'ablution, qui a commencé par être une cérémonie de propreté, de convenance, quand on se mettait en relations avec les grands ou tes dieux, puis, qui est devenue un symbole de purification aisé à comprendre, a 6ai souvent par être regardée comme investie d'une vertu surnaturelle. Ainsi encore, certaines formes de sacriôce, qui s'expliquaient aisément, quand on croyait que les dieux se

[<) De Senectute. XX.I.

(*) ThéétêU, 176 c.

CHAPITBE VI.

t de l'offrande, sont devenues de purs land on a pensé qu'ils se contentaient n, puis ont repassé à l'état de véritables ayant le don d'assurer la régénération du le de lui procurer l'immortalité, comme, , le sacriûce du taureau dans les mysira.

is souvent, c'est le phénomène contraire it, c'est-à-dire qu'on attribue graduelleictère purement symbolique à des objets ; corps de la Divinité, ou bien à des actes )mme l'expression de rapports réels avec !S surhumaines. Par exemple le feu, — gardé comme un être divin chez les es et, du reste, chez tous les Indo-Eurost plus, pour les Parsis de notre époque, le de leur Être suprême, Ahura Mazda.

aldéens, les planètes furent longtemps elles-mêmes. Plus tard, ou ne les regarda le symbole des grands dieux, et ce fut oile qui devint le signe générique de la i l'écriture cunéiforme. Il est probable îrecs, comme chez les Égyptiens, nombre •ent d'abord représentés sous la forme inimaux. Les Égyptiens se bornèrent à hysionomie de ces derniers par l'adjoncempruutés à l'espèce humaine. La Grèce phisa complètement ses anciennes divi- !s; mais l'animal, qui les représentait ins les divers centres religieux, y resta mpagnun ou le symbole du dieu.

l'avenir du culte d après son-passé. 293

Cette aptitude des symboles à modifier leur signification sans altérer leur physionomie, en se combinant avec l'attachement qu'on éprouve toujours pour les formes traditionnelles, est une des causes principales de leur longévité à travers toutes les révolutions religieuses. Il y a tel emblème, également employé aujourd'hui dans les religions de l'Orient et de l'Occident, qui peut remonter en ligne directe aux motifs les plus anciens de l'iconographie assyrienne : par exemple, l'auréole, en tant que symbole de gloire céleste. Le foudre des Grecs, que tout l'extrême Orient bouddhique emploie encore aujourd'hui comme instrument de culte sous la forme bien connue du dordj, se ramène, de part et d'autre, au double trident qui figure entre les mains du dieu de l'orage sur les sculptures des palais mésopotamiens. Le phénix, avant de représenter la résurrection sur les sarcophages chrétiens, était un symbole d'apothéose sur les médailles impériales de la Rome païenne et, plus anciennement encore, avait servi aux Égyptiens pour figurer le soleil dans sa renaissance annuelle.

On a vu des religions emprunter presque toutes leurs images symboliques aux cultes qu'elles prétendaient combattre ou remplacer. Quand les Perses se furent établis en Mésopotamie, ils adaptèrent l'iconographie chaldéenne à la représentjition figurée de leurs propres croyances, et c'est dans l'art païen que le christianisme des catacombes prit la plupart de ses sujets allégoriques. Dans le bouddhisme, ce sont les rites, successivement greffes sur la doctrine du Bouddha, qui se sont constitués avec des éléments

CdAPtTRE VI.

és anx cultes aotérieurs de l'Inde, particut aux cultes solaires (').

>ouvons dire que, sous ce rapport, le symboest-à-dire la faculté d'attacher un sens nou- 'iinporte quelle image, non seulement facilite ;e d'une conccplion traditionnelle à une con> upérieure, mais encore rend possible, au sein ! culte, la coexistence des croyances les plus

Cet avantage du symbolisme est surtout dans les religions qui, comme le brahma- : bouddhisme, même le judaïsme et un certain Je communautés chrétieunes, ne possèdent itorité centrale pour définir les dogmes réter les liturgies. Dans ces conditions, le lême des formes extérieures peut permettre )ation des esprits, comme M. Ad. Leroy-

l'a montré à propos des vieux-croyants

belles éludes sur lu religion dans l'empire 1 1^. £n effet, quand Tunité consiste simpleas le respect de la forme extérieure, rien le telle fraction des fidèles de garder à un '. su valeur de sacrement, alors que d'autres ent une acception purement symbolique et . même à ce symbole toutes les interprétail leur plaît. Le symbolisme est l'allié naturel

du mysticisme et du libre examen, c'ests deux grands adversaires que l'esprit d'or-

tLET d'Altiella, La migration des xymboUs. Paris, 1891.

:é, p. 332 el siiiv.

ire des Tzars, t. IV, p. 556.

l'avenir du cultb d'après son passé. 293

thodoxie a toujours eu à redouter dans l'intérieur des Églises.

L'évolution da sacerdoco.

Nous avons vu qu'après la séparation entre le sacerdoce et la sorcellerie, le sorcier, en tant qu'exorciste, continue ses fonctions, d'abord à côté, puis au-dessous du prêtre, ce dernier ayant le monopole des relations avec les divinités supérieures. Le prêtre finit même par mettre le sorcier hors du culte officiel, en lui enlevant une de ses principales prérogatives, l'exorcisme.

Il est aisé de comprendre que, dans les sociétés primitives, où la famille est la propriété de son chef, celui-ci prie et sacrifie pour assurer la prospérité de son domaine. C'est, du moins, l'état religieux que nous entrevoyons à l'origine des communautés patriarcales, chez les Indo-Européens, les Juifs, les Chinois. Aujourd'hui encore, c'est le système qui prévaut chez les Madécasses, les Khonds, les Ostiàques et naguère aux îles Samoa. Par une extension naturelle de ce principe, c'est le chef de la tribu, puis de la nation, qui agit près des dieux pour la communauté, soit qu'il invoque, à cet effet, ses propres dieux particuliers, comme chez certains nègres, soit qu'il s'adresse aux dieux généraux de son peuple, comme en Polynésie. C'est là l'origine des rois sacrificateurs, considérés comme chefs religieux, en même temps que civils et militaires, que nous observons chez les anciens Chinois, les Chaldéens, les Égyptiens, les Assyriens, les Perses, comme aussi, sur une moindre

CHAPITBE VI.

angaïens, les Néo-Zélandais, les : était de même chez les Grecs, nériques. Nous savons que, chez on abolit la royauté, on maintint célébration des sacrifices, un I qui portait le nom de roi, rex

i peut aboutir à une véritable \ intérêts religieux sont placés en emble avoir été le cas de Tancien certain point, de l'Assyrie, ainsi tefois, la multiplicité des affaires , d'autre part, la complexité croisent souvent le chef à déléguer ses 3s. Cette délégation est d'abord quand Numa constitua les ûalacer en cas d'absence. Chez les e occidentale, c'est, en l'absence u son plus jeune fils qui exerce

ette délégation tend à devenir I même du prestige religieux qui laires. Les chefs se déchargent s fonctions religieuses sur des près de leurs personnes ou qu'ils principaux sanctuaires. Le sacer- 'enir, comme la sorcellerie, une [^hez tes Hindous, les premières îs semblent s'être constituées au

ical Jnstitutiong, § 606.

l'avenir du culte d'après soh passé. 297

service des petits rajahs locaux, qui leur avaient confié le service des dieux ('). Chez les Juifs, où, originairement, tout chef de famille était cohen, les personnages les plus influents finirent sans doute par prendre à leur service de vrais chapelains pour desservir leurs sanctuaires domestiques, comme nous rapprend l'histoire de Mica.

Formation et dissolntioa des tliéocraties.

A l'origine, ces prêtres ne sont encore que des délégués, des fonctionnaires, comme on le voit bien en Chine, oii l'exercice du culle public est réparti entre tes dlflërents postes administratifs de l'empire, et aussi dans l'antiquité classique, où les titulaires des principaux sacerdoces étaient quelquefois directement élus par le peuple, à l'instar des autres magistrats. Cependant, à mesure que la classe sacerdotale grandit en importance, elle tend à se rendre indépendante, soit qu'elle se recrute elle-même, comme les collèges des druides, soit qu'elle parvienne à se rendre héréditaire, comme dans le brahmanisme et le lévitisme. En Russie même, les temps modernes ont vu se constitner, au sein du christianisme, une véritable tribn sacerdotale; le clergé blanc, en effet, c'est-à-dire le cU'rgé paroissial, pour lequel le mariage est obligatoire, est devenu, par la force des choses, une véritable caste héréditaire, qui fournit de père en fils tout te personnel de l'Êglise russe f}.

Il est naturel qu'une fois indépendant, le clergé

(') Manou. XII, -11, SO.

(*) Leroy-Beaulieu, op. cit., p. S60 et suiv.

998 CRAPITIIE T[.

tende à la suprématie dans t'Ëtat. A cet effet, il se centralise, en se groupant dans les cadres d'une hiérarchie à la tète de laquelle se place un grand prêtre, comme à Jérusalem, après la restaurnlîon du Temple, ou comme à Thèbes, sous les descendants dégénérés des Ramsès. D'autre part, il tend à propager la croyance, non seulement que les fidèles doivent passer par son intermédiaire pour s'adresser aux dieux, mais encore qu'il est l'unique distributeur des grâces divines; qu'il a l'autorité de lier ou de délier au nom de la puissance suprême; qu'il est formé, en conséquence, d'êtres supérieurs au reste de l'humanité, investis d'une portion de l'autorité divine. Toute la direction des affaires privées et publiques finit par passer entre ses mains, et nous avons ainsi une seconde forme de théocratie. Dans ce régime. Dieu est censé gouverner par l'intermédiaire de ses ministres, soit que ceux-ci assument directement le pouvoir, comme dans l'ancienne Ethiopie et, récemment encore, dans les Etats de l'Eglise, soit qu'ils l'exercent par l'intermédiaire de délégués laïques, comme dans le Japon du Mikado, le Tibet du grand Lama, le Paraguay des jésuites, etc. Mais il n'est pas nécessaire, pour qu'un clergé exerce cette domination universelle, qu'il soit lui-même soumis à une hiérarchie rigoureuse, témoin les brahmanes qui, dépourvus de centralisation ecclésiastique, n'en ont pas moins exercé dans l'Inde, par le seul prestige de leurs fonctions héréditaires, une autorité sans exemple dans l'histoire ecclésiastique du monde.

La théocratie, là où elle parvient à s'emparer du

DçiilizedbvGoOglc

l'avenir du culte d'après; son passé. S99

pouvoir civil, pour peu qu'elle prenne en main l'éducation des générations nouvelles, semblerait ne pouvoir guère élre renversée que par un choc venu de l'extérieur. Toutefois, il est évident qu'un pareil régime ne peut se prolonger indéfiniment. It surgit toujours des esprits indépendants, qui mettent en question l'interprétation de certains dogmes ou même simplement des points de discipline et qui rencontrent plu» ou moins d'écho dans la nation, suivant que leurs vues répondent aux besoins intellectuels et moraux de l'époque. Peu à peu, cette oppo^tion aux prétentions de t'auiorité spirituelle sur le terrain des dogmes se transforme en revendication du libre examen, et celte revendication, à son tour, finit, quelquefois après des luttes longues et sanglantes, par amener la rupture des liens entre l'HItat et l'Ëglise.

Sans doute, l'intolérance dogmatique survit à l'intolérance civile. Mais une conséquence de la séparation entre l'État et l'Eglise, c'est que les fidèles tendent à former des groupes ecclésiastiques de plus en plus multiples et instables; ce qui amène, d'une part, à afBrmer davantage les droits du libre examen, de l'autre, à diminuer l'autorité du prêtre. Logiquement, celui-ci ne sera plus que l'élu de la communauté, il perdra toute autorité surnaturelle, pour se borner aux fonctions d'instituteur religieux et moral.

Le pastoral dons les société! modernes.

Dans ces conditions, il n'y a pas de motif pour que les fonctions pastorales viennent à disparaître. Aussi longtemps qu'il y aura des sociétés religieuses, il leur

LKi,-,,.C.L,CiOl")glC

mr employer le langage moderne, des préis secrétaires, des conférenciers, desadniis de toute nature. Vraisemblablement, les du ministre croîtront même en influence nesure qu'il se concentrera davantage dans 1 d'éducateur moral et que, d'autre part, iion elle-même assumera une importance idérable parmi les buts pratiques de l'assoligieuse. Cependant, il faut observer que, pport, le ministre se rattache plus au prou prêtre. Or, le prophète dérive généalogidu devin, du voyant, qui, à son tour, u sorcier primitif. Ce n'est pas qu'il faille cette évolution une revanche de la sorcel- Je sacerdoce. Mais c'est le triomphe de m privée, fécondée par le sentiment moral, orie de la médiation sacerdotale entre le L Divinité.

imé, l'évolution du culte présente trois u début, tes divinités exigent dans un but es hommages de leurs fidèles et ceux-ci les dans une préoccupation égoïste ; — gradueli devoirs envers le prochain s'introduisent, obligations religieuses, à côté des devoirs dieux; — enfin, ces deux ordres d'idées se t, en ce sens que « le service de l'humaent la meilleure façon de servir la Divinité.

Le cntte est-il destiné à s'éteindre ?

-il que le culte soit destiné à disparaître, en

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