‹ L'idée de Dieu d'après l'anthropologie et l'histoire: conférences faites enChapitre 5 sur 23 · CUAPITRE PriEUIER · texte numérisé non relu

CUAPITRE PriEUIER

Lang et Mannbardt. Je vais m'elTorcer de marcher sur les traces de ces éminents écrivains, en essayant de reconstituer, dans la mesure du possible, les premières manifestations de la croyance au divin, — quitte à chercher ensuite, dans les faits consignés par l'histoire, la suite d'un développement qui n'a pas encore atteint son dernier terme,s'il est permis de pressentir l'avenir à l'aide du passé.

La théorie da progrès et la théorie de la dégénérescence.

A examiner séparément, soit les principaux facteurs de la culture contemporaine, soit les principales races qui se partagent actuellement la domination du globe, l'histoire elle-même permet de constater que la marche de la civilisation se fait dans un sens progressif, c'est-à-dire qu'il y a tendance croissante à obtenir les mêmes résultats avec des efforts moindres et à utiliser, pour In satîsfaciion de besoins de plus en plus élevés, le surcroît de forces ainsi laissé à la disposition de l'homme. A lu vérité, ce mouvement n'est pas continu; il subit des temps d'arrêt, même de recul. Mais, à le prendre dans son ensemble, sa direction n'est pas douteuse. De son côté, la paléontologie nous apprend qu'avant l'apparition de l'homme sur la terre, la vie a toujours été en progressant, c'està-dire que, étudiée dans ses grandes périodes successives, on la voit tendre à produire des êtres de plus en. plus complexes, dont Thoinme est, pour ainsi dire, le couronnement, tant par son pouvoir de réagir contre les forces de la nature extérieure que par l'étendue de ses facultés intellectuelles et morales. Il

MÉTHODES POUR ATTEINDRE LA PHËHISTOIRE DES RBLIGIOKS. !i

y a déjà là une forte présomption que l'humanité n'a pas été soustraite, dans ses débuts préhistoriques, à la loi générale du développement des êtres vivants, et, par suite, que ses commencements doivent élre cherchés dans un état inférieur à tout ce que nous apportent les témoignages les plus anciens des premières civilisations.

L'archéologie préhistorique change cette présomption en une quasi -certitude. Nous savons aujourd'hui, à n'en plus douter, que dans tous les gisements où l'on a constaté la superposition de plusieurs niveaux industriels, l'âge du fer a été précédé par un âge du bronze ou du cuivre, l'âge des métaux par celui de la pierre, l'âge de la pierre polie par celui de la pierre taillée ou éclatée. Nous découvrons un temps oii, sans être encore parvenus à la civilisation relative dont les plus vieilles inscriptions nous ont gardé le souvenir, les hommes pratiquaient cependant l'agriculture, possédaient des animaux domestiques, construisaient de grossiers monuments de pierre et formaient de petites agglomérations sur des hauteurs fortifiées OH dans des cilés lacustres; puis, un autre temps, plus éloigné, puisqu'il correspond au dépôt du teirain quaternaire, où ils vivaient exclusivement de la chasse, vêtus de peaux de bêtes et parqués dans d'étroites cavernes, ou bien disséminés en hordes nomades sur des plateaux désolés par les rigueurs de l'âge glaciaire. Enfin, nous entrevoyons une époque, plus crépusculaire encore, où, sons un climat doux et humide, l'homme contemporain d<' VElephas nntiqiim, ignoi'aiil l'usage du vêtement, de la poterie et du feu,

CnAPITItE PHEMIER.

possession du marteau ou de la hiiche en réalisait l'état de nature vaguement enlelques poètes de l'antiquité (') :

...rude vvifjus eraiil. .

lomibus frondes noj-ant, pro frugibus kerbas. r erat patmii kausla duabus aqua.

(Ovide, F(M(es, H, 291-293,1 (')

e, de ce que l'homme du silex n été notre r sur te sol de l'Europe, il n'en résulte pas u'il soit notre ancêtre. A l'époque où les ■s des mégalithes, peut-être même les I renne et du mammouth, occupaient cette jnde, n'esl-il pas admissible que les ancêras, des Sémites, des Égyptiens, des Chi-

des Aztèques et des Incas, auraient pu rs, d'une civilisation ou d'une demi-cJvi- 1 autrement avancée? Mais on doit se •il sont les restes de cette culture. Il est 'a pas tout exploré et fouillé sur le globe.

faut reconnaître que les chances d'une semblable diminuent de jour en jour, ■ivait déjà, il y a plus de vingt ans, M. Edir : « H n'y a guère de province au monde puisse dire : Des sauvages ont demeuré n'en est guère, ajouterai-je, dont on ne également : « Des hommes ici ont prou'chéotogie préhistorique se joint ainsi à ogie pour nous affirmer que, si l'ftge d'or

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