HËTBODES POUR ATTEINDRE LA PRËBISTOIRE DES RELIGIONS
existe dans la possibiliié des choses, ce n'est pas en arrière qu'il faut le chercher.
On a soutenu que jamais des sauvages n'auraient pu s'étever à la civilisation sans l'intervenlion d'un peuple déjà civilisé. Assurément, nous ne pouvons observer nulle part le passage de la sauvagerie à la civilisation ni même à cet état de demi-civilisation d'où l'on admet que nous nous sommes graduellement élevés à notre niveau actuel. — Mais il y a d'excellentes raisons à cette lacune. D'abord, avant d'avoir atteint un certain degré de culture, les peuples n'ont pas d'histoire; ils ne peuvent donc nous éclairer eux-mêmes sur leur passé. Quant à l'observation externe, elle ne peut nous être ici d'aucune utilité, car du jour où des sauvages viennent en contact avec une civilisation supérieure, cette dernière fausse leur développement spontané et l'absorbe, quand elle ne le paralyse point. Ce qui est évident, c'est qu'il y a des peuples mieux doués que d'autres dans la lutte pour la vie et pour le progrès; peut-être même y en a-t-il qui sont incapables de dépasser un degré inférieur de culture. Mais de ce que, dans une course, les plus agiles atteignent seuls le but, en résulte-t-il que tous ne soient pas partis du même point, et le vainqueur en a-t-ll eu moins à franchir les étapes où se sont arrêtés ses concurrents malheureux?
Eu second lieu, il faut se demander où linii la sauvagerie et où commence la civilisaliori. On peut établir, sous ce rapport, nn critérium |>lus ou moins complexe, à l'aide d'indications fournies par les procédés indusiriels, par le genre de vie, par les insttlu-
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CDAPITIIK PUEMIER
ligieuses ei sociales, par toutes les iiiiinifestarédominanles de l'élat moral et iiilellecluel.
ne réussira à faire rentrer la totalité des popuhumaines dans l'une ou l'autre des deux calé- [u'à la condition de négliger tes transitions. En
les difTérents groupes- humains peuvent se sur une échelle dont le pied est caractérisé trême sauvagerie des Bosschimans, des Fuédes Sanioyèdes, des Akkas, des Australiens, j'au sommet se trouvent les peuples les plus ; de la race indo-européenne. Si, entre ces extrêmes, la dislance semble iufranchissable, vient presque insensible entre les populations upent des échelons voisins, el il suHit parfois gei- progrès pour faire atteindre à un peuple ique le niveau de ceux qui se irouvcnl immé- ;nl au-dessus de lui. Dès lors, rien ne s'oppose 'une même population ait graduellement escaus les degrés qui la séparaient du point cul- ; peut-être même les échelons qu'elle a ainsi s ne sonl-ils rien à côté de ceux qui, dans ', permettront aux plus favorisés de continuer lion; car la civilisation est, elle aussi, une
de Jacob, dont nous n'entrevoyons pas le l, parce qu'il se perd dans les cieux.
Point de départ du développement religienx.
encontre souvent des esprits dégagés de tout i, qui admettent sans réserve l'extrême barle la société primitive, mais qui voudraient ant faire une exception pour la religion. A les
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BIÉTUODES POUll ATTK1?(I)[IE LA l>ll ËIIISTOIRE DES RELIGIONS. 9
en croire, les -incétres des Sémites, des Aryas, des Égyptiens, des Chinois, ou au moins de l'un ou l'autre de ces peuples, auraient débuté par un état de vie fort simple et élémentaire au point de vue industriel et social, mais avec des mœurs fort pures et des croyances fort hautes, voire en pleine possession du monothéisme.
Pour rétablir, on fait d'abord valoir que ces peuples ont gardé le souvenir d'une époque où leurs croyances étaient beaucoup plus élevées. Premièrement, l'assertion ainsi formulée est beaucoup trop générale. H existe, en sens contraire, des traditions non moins respectables qui placent dans le passé uu état d'ignorance religieuse d'où les hommes aui'aient été tirés par les enseignements de quelque héros civilisateur ou même de quelque personnage surhumain. Ensuite, il n'y a pas plus de fond à faire sur ces légendes dans un sens que dans l'autre : les peuples se sont demandé de tout temps d'où leur provenait la connaissance des dieux, et comme ils ne pouvaient le découvrir, ils ont naturellement conclu qu'elle leur avait été inculquée par les divinités elles-mêmes, à l'époque.
Où le ciel sur la lerre Marchait el respirait dans un peuple de dieux.
Les mêmes problèmes se sont, du reste, posés de tout temps pour l'origine des arts, des lettres, des sciences, des coutumes, etc., et toujoui'S ils ont donné Heu ù une tentative analogue pour expliquer par des mythes le seciel du passé.
On a essayé dose rabattre su i- l'élogcquo des aulcuis
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