MÉTHODES POVK ATTEINDRE LA PRÉHISTOIRE DES RELIGIONS
polaires supportent seulement grâce à des ressources qui, comparées au dénûment des temps moustériens, représentent presque de la civilisation, — ce contemporain du mammouth et de l'ours des caTernes, dont toutes les préoccupations semblaient devoir être absorbées par la lutte pour l'existence, trouvait déjà le temps de songer à ses morts, de les parer pour ia vie future, de leur oITrir des objets qu'il aurait pu utiliser pour lui-même, mais qu'il préférait laisser à leur disposition dans cette autre vie ('), L'usage de placer près du défunt des armes, des outils, des parures, peut être regardé comme général chez les populations des cavernes, ainsi que chez tous les sauvages qui enterrent leurs morts; il implique à la fois la croyance à une survivance de l'individu et l'idée que cette vie future sera la répétition de la vie présente, tout au moins qu'on y éprouvera les mêmes besoins, qu'on y courra les mêmes périls et qu'on y ressentira les mêmes jouissances.
C'est ce qu'expliquaient bien les anciens Péruviens, quand, interrogés sur la raison qui leur faisait sacrifier, en l'honneur des défunts, des objets, des animaux et même des personnes, ils affirmaient qu'ils avaient vu en songe des gens, morts depuis longtemps, se promener avec les êtres et avec les objets ens^v^iis dans leur tombe (^. Des indigènes de Bornéo jusqu'à dire que, s'ils abandonnent au gré des v
{') De Putdt et I.OHEST, L'homme contemporain (tu mniini Spy. Namur, 1887.
(') CiEZA DE Léon, cilé par M, Edw. li, Tïi.or, Civilixiition pn Paris, 1878, 1. 1, p. 567.