CH&PITRE PREMIER
des objets ayant appartenu au défunt, celui-ci ne tardera pas à venir les reprendre. Chez certains peuples, tels que les Comanches, les Patagons, les Bagos de l'Afrique, l'habitude d*olTrir au mort tout ce qui lui a appartenu est poussée si loin, qu'au dire de divers explorateurs, elle empêche le maintiçn de la famille et l'accumulation du moindre capital dans la peuplade ('].
On a également constaté, dans les cavernes de l'âge du mammouth, la trace de repas funéraires. 11 faut observer que, chez tous les peuples non civilisés, ces repas ont lieu, non pas seulement en l'honneur, mais encore au bénéfice des défunts, de même que les repas en l'honneur des dieux sont censés profiter à ces derniers. Les indigènes de la rivière Rouge expliquent formellement que l'esprit du défunt se nourrit de l'esprit renfermé dans l'olfrande, pendant que les assistants se partagent la nourriture du banquet funéraire (^. L'existence de cette coutume chez l'homme préhistorique a donc pour corollaire qu'il avait déjà fait la distinction de l'objet matériel et de l'esprit enfermé dans l'objet comme dans un corps; bien plus, qu'il croyait à la possibilité, pour cet esprit, de quitter son enveloppe et de lui survivre. Une preuve plus incontestable encore de cette croyance s'observera un
(') Grosshass, Morliinry customs of Ihe North American Indians dans le Report of tlte Bureau of Elhnology lo the Smithsonian Imtitute, t. I. Washington, 1881, p. 99. — i.k Licï-Fossarieu, Ethnographie de l'Amérique unlarctique. Piiris, 1881, p. 51. — Resé C.UI.I.IÉ, Voyage à Tomboucloii. Piiris, 1830, p. 245-216.
(*) t)' S. -G. WHKjnT, cité piir M. H.-C. Y»niiow, Reporl oflhr Bureau of Ethnology. t. I, Wnshinffton, 1881, |i. 191.