‹ L'idée de dieu et ses nouveaux critiquesChapitre 19 sur 89 · Avenir de la métaphysique · texte numérisé non relu

Avenir de la métaphysique

que nous ne pouvons nous intéresser en matière religieuse qu’à notre œuvre propre. Cela eeul nous passionne qui est incertain, cela seul impliquant un choix libre et personnel. Si Dieu était évident, il n’inspirerait ni amour ni haine. Il en serait alors de Dieu comme d'un théorème de géométrie qu’on admet, mais qu’on n'aime pas. Au contraire, nous aimons ce que nous appelons Dieu, précisément en raison de l’évidence qui lui manque et de la liberté que chacun conserve d’y croire ou de n’y pas croire, et, s’il y croit , de le concevoir à sa guise. Ce qui nous passionne dans le problème divin, c’est donc qu’étant insoluble, il ne peut recevoir que des solutions relatives , provisoires , individuelles. « Les solutions absolues coupent court à tout mouvement de l’esprit, à toute recherche. L’ennui du ciel des scolastiques serait à peine comparable à celui des contemplateurs oisifs d’une vérité sans nuance, qui, n’étant pas trouvée, ne serait pas aimée, et à laquelle chacun n’aurait pas le droit de donner le cachet de son individualité'. » Ce que l’homme aime en Dieu, c’est donc ce qu’il y a mis de lui-même. Toujours , sous d’autres formes , la même doctrine que nous avons déjà signalée : une vérité que chacun de nous proportionne à la mesure de son esprit, et qui dès lors n’est plus la vérité , n’ayant en soi rien de fixe et d’absolu. N’est-ce pas là le plus exact résumé de la pensée deM. Renan , dépouillée de

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