Introduction, p. lv et i.vi
chir des règles ordinaires de développement? N’esl-ce pas le signe des plus hauts phénomènes de la liberté, des plus étonnantes intuitions de la pensée ou de la foi, qu’ils s’élancent au-dessus de toutes les lois, qu'ils déconcertent la logique et la science, qu’ils créent dans le monde moral le sublime, l'im prévu? Et si cela est vrai de la vertu ou dû génie, combien cela doit l’être davantage, quand il s’agit de Jésus! M. Renan espère-t-il donc expliquer par les lois connues du développement des organismes vivants l’âme et la doctrine la plus grande qui, de son aveu, aient jamais paru sur la terre? Espère-t-il ramener à la mesure commune ce qui est de soi incommensurable?
En tout cela, ce qui préoccupe singulièrement l’auteur, c'est l’agencement du récit, l’harmonie de l’ensemble, la justesse du sentiment général, la vérité de la couleur auxquelles il subordonne trèsvolontiers ce qu’il appelle la petite certitude des minuties'. Mais quelle méthode périlleuse, et comme elle expose la bonne foi d’un auteur dans la disposition de ses premiers plans et dans la réduction proportionnelle de certains faits gênants qu’on reléguera dans le lointain, si même on ne les supprime pas tout à fait, comme devant nuire à l’effet de l’ensemble! Où commencent, où finissent ces minuties dont on subordonne la petite certitude au résultat général? Dans un tableau de fantaisie, je m'inquiète
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