nlriHlitclion, p. lv
r/ÉCOI.E CRITIQUE.
peu du choix que fera l’artiste. Dans une composition du genre de celle-ci , je ne puis admettre sans défiance ce principe de la libre interprétation des textes par le goût. En pareille matière, je redoute les délicats, Je me fierais plus volontiers aux naïfs.
Ces délicats sont terribles en vérité ! Leur goût si pur n’admet rien, dans l liistoire de Jésus, qui sorte des réglés du grand art : « Chaque trait qui sort des règles de la narration classique doit avertir de prendre garde’. » Ici commence déjà à s’effacer la limite entre la Fie de Jésus et les œuvres de la pure fiction. Cette limite disparaît tout à fait lorsque l'auteur nous dit, avec toute la netteté dont il est capable, que la raison d’art, en pareil sujet, est un bon guide, que le tact exquis d’un Gœthe trouverait à s’y appliquer, et que la condition essentielle des créations de l’art est de former un système vivant, dont toutes les parties s’appellent et se commandent*.
Ce sont les lois du ronaan historique transposées ingénument, appliquées à l’histoire du Christ. Ce sont les mêmes procédés qu'appliquait naguère un de nos auteurs à la mode, quand , à l’aide de quelques documents épars , et prenant pour guide le sentiment de l' organisme, il s’efforçait de ressaisir l’image de l antique Carthage et des civilisations évanouies. On no s’aperçoit que trop, si l’on étudie la Vie de