Les philosophes français, préface de la deuxième édition
idées où aboutissent nos sciences, et les trois ou quatre genres d’existence qui résument notre univers; s’il comparait ces deux étranges quantités qu’on nomme la durée et l’étendue, ces principales formes ou déterminations de la quantité qu’on appelle les lois physiques, les types chimiques et les espèces vivantes, et cette merveilleuse puissance représentative qui est l’esprit, et qui, sans tomber dans la quantité, reproduit les deux autres et elle-même ; s’il découvrait entre ces trois termes , la quantité pure, la quantité déterminée el la quantité supprimée, un ordre tel que la première appelât la seconde, et la seconde la troisième; s'il établissait ainsi que la quantité pure est le commencement nécessaire de la nature, et que la pensée est le terme extrême auquel la nature tout entière est suspendue ; si ensuite, isolant les éléments de ces données, il montrait qu'ils doivent se combiner comme ils sont combinés , et non autrement; s’il prouvait enfin qu’il n’y a point d’autres éléments, et qu’il ne peut y en avoir d’autres, il aurait esquissé une métaphysique sans empiéter sur les sciences positives’. »
Tel est l’objet de la métaphysique idéale : recueillir les trois ou quatre idées où aboutissent les sciences , la durée et l’étendue , les lois de la matière et de la vie, la pensée; montrer qu’il n’y a point d’autres éléments et qu’t’/ ne peut y en avoir d’autres, enfin qu’ils devaient se combiner comme ils sont