‹ L'idée de dieu et ses nouveaux critiquesChapitre 42 sur 89 · Etude «ur Cmlyle · texte numérisé non relu

Etude «ur Cmlyle

Btruit l'ordi-e par l’abstraction; mais elle ne crée pas l'ordre et la suite réels. Cette suite des choses contient en soi la nécessité de tous les faits dans leur nature et leur succession. Mais quel est ce genre de nécessité? une nécessité logique, qui transforme l’un dans l’autre le composé et le simple, le fait et la loi. La force de la pesanteur est la nécessité logique qui lie la chute d’une pierre à la loi universelle de la gravitation'. Ce qui est vrai de cette liaison particulière est vrai de toutes les liaisons de,, faits qui constituent l’ordre de la nature physique ou morale. Car il n’y a pas deux natures; il n’y en a qu’une.

Voilà la métaphysique enfin débarrassée des essences et des causes imaginaires. M. Taine se raille cruellement de ce Dieu des spiritualistes qui cumule tant de rôles disparates ou ridicules, tour à tour architecte, administrateur, tapissier-décorateur. Voyez naître et grandir cette idée par une sorte de progression régulière dans l’erreur : « Prenez le monde tel que le montrent les sciences ; c’est un groupe régulier, ou, si vous voulez, une série qui a sa loi, rien d’autre. Comme de la loi on déduit la série, vous pouvez dire qu’elle l’engendre et considérer cette loi comme une force. Si vous avez un peu d’imagination, vous ferez de cette force un être distinct, situé hors des prises de l’expérience, spirituel, principe et substance des choses sensibles.

1. La Philotophie anglaise. — Préface des Philosophes français.

IA RENAISSANCE DD NATURALISME. 233 Voilà un être métaphysique. Si vous continuez ce mouvement, qui, une fois commencé, ne se suspend que par un violent effort d’esprit, Dieu va se transformer en un principe non-seulement souverain, mais unique; V être philosophique va àe\emr un être mystique. Avec un degré de plus d’imagination et d'enthousiasme, vous ajouterez que cet esprit, situé hors du temps et de l’espace, se manifeste par le temps et par l'espace, qu’il subsiste en toute chose, qu’il anime toute chose, que nous avons en lui le mouvement, l’être et la vie. Poussez jusqu’au bout dans la vision et l’extase, vous déclarerez que ce principe est seul réel, que le reste n’est qu’apparence ; dès lors, vous voilà privé de tous les moyens de le définir; vous cherchez, pour arriver à lui, une voie autre que les idées claires; vous préconisez le sentiment, l’exaltation. Si vous avez le tempérament triste, vous le cherchez comme les sectaires, douloureusement, parmi les prosternements et les angoisses *. »

- Cette histoire un peu sommaire de Dieu se résume par deux mots : une loi que l’on considère comme une force, une force dont on fait un être distinct et supérieur. Mais comment peut-on comprendre que , réduits à ne connaître que des faits, nous puissions avoir l’idée d’une force, et transformer cette idée même en la notion d’un être distinct et supérieur? D’où nous viennent ces notions qui nous tentent par

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