‹ L'idée de dieu et ses nouveaux critiquesChapitre 54 sur 89 · T. II, p. 500. 539, etc · texte numérisé non relu

T. II, p. 500. 539, etc

positive. Toute grande loi, toute grande vérité qui passe dans la cosmologie passe aussi dans la théologie, avec cette seule différence que, réalité dans l’une, elle devient idéal dans l’autre. Cela doit être. Dieu et le Monde étant substantiellement identiques, les deux sciences qui les étudient ne peuvent être sans rapport l’une avec l’autre. L’une est la théorie, l’autre est l’application. La cosmologie est la théologie positive, la théologie est la cosmologie idéale. Ce qu’il faut bien voir, nettement comprendre, sans scrupule et sans réserve, c’est qu’au fond l’objet de ces deux sciences est le même. C’est un seul objet, vu dans l’idéal et dans la réalité. Dieu est l’idée du Monde, le Monde est la réalité de Dieu*.

C’est là le plus haut point où puissent s’élever nos conceptions théologiques. Nous saisissons enfin dans toute sa pureté la doctrine de l’Idéal, dégagée des vaines entités dont la théodicée spiritualiste la complique et l’obscurcit. Platon, pourtant, s’était singulièrement approché de la vérité. Il ne lui a manqué, à ce qu’il semble, que de s’arrêter à temps dans la construction de son système, pour doter la philosophie d’une théologie scientifique et définitive, vingt-deux siècles avant Hegel. Qu’est-ce, en effet, que la théorie des idées, sinon cette même doctrine de lTdéal?Ce monde intelligible que Platon a découvert, qu’il a nommé, qu’il a marqué de l’empreinte de son génie, qu’est-il si ce n’est la beauté, la jus-

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