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de cette réponse. Pour nous elle ne représente que la plus insoluble des antinomies.
M. Vacherot a bien senti l’afTinité de toutes ces formules avec le Spinozisme, et il a tout fait pour soustraire sa doctrine à une si dangereuse parenté. Le rapport des modes à la substarice, dit-il en essayant do réfuter Spinoza, supprime radicalement l’individualité. Mais le rapport des individus à l’Etre universel permet de la conserver. — Nous pourrions nous étonner que M. Vacherot abandonne ici le mot de Substance^ qu’il a tant de fois employé pour désigner le fond commun, la commune racine des êtres. Mais ne nous arrêtons pas à des querelles de mots. — Est-il vrai que le rapport des individus à l’Etre universel, tel que le conçoit et le définit M. Vacherot, permette de conserver l’individualité? Nous croyons positivement le contraire. Sans doute, cela serait possible, si cet Etre Universel n’avait pas une si absorbante réalité, s’il n’était qu’un système, une collection; mais dans ce cas seulement. Ou cet Être Universel n’est rien que la somme abstraite des individus, un nombre, une totalité numérique, un système; ou cet Être Universel est Tout, un Tout réel, non collectif. Or, c’est là précisément la définition que nous en donne M. Vacherot en mille endroits de son livre. « L’Universel, dit-il, est l’unité, non pas collective, mais réelle'. — Tout est Dieu, en tant que tout rentre dans l’unité organique de
l’Être Universel'. — Dieu conlienl toutes les réalités, non en puissance, mais en acte’. » .Multiplier les citations, ce serait abuser de l’évidence. J’avoue qu’il me semblerait impossible que Spinoza luimôme mît une nuance d’idée entre ses propres formules et celles de M. Vacherot. Une seule peut-être, c’est que la Substance qui est l’unité organique des êtres n’est pas, aux yeux de M. Vacherot, le Dieu vrai, le Dieu parfait. Le Dieu vrai n’est pas un être, à proprement parler, c’est une idée. La cosmologie de M. Vacherot est spinoziste; sa théologie va se perdre dans le plus abstrait des idéalismes.
Et malgré tout, malgré tant et de si graves objections que chaque page soulève, cette œuvre n’aura pas été inutile dans le grand travail de nos destinées philosophiques. Elle aura jeté un jour nouveau sur le problème divin lui-même en mettant en pleine lumière les conclusions de l’Hégélianismc tenues trop secrètes par les initiés ou prudemment enveloppées dans ces vagues formules qui disent tout et nient tout à volonté. M. Vacherot a osé dire ce mot, ce dernier mot qui coûte tant aux beaux esprits de la nouvelle philosophie et à quelques délicats sceptiques : Dieu n’est qu’une conception. Le divin noumhie^ dont le mystère obsède éternellement la raison , ne réside pas en dehors d’elle. II hahite en elle; il n’existe que par la pensée et pour elle. Dieu n’est qu’un abstrait. L’id(« de Diçu est