Spinoza, Éthique, 5» partie
LES DOCTRINES RÉCENTES SUR LA VIE FUTURE. 357 El d’abord , l’interprétalion superficielle et vulgaire de ces propositions serait en contradiction manifeste avec plusieurs principes fondamentaux dans la doctrine de Spinoza. Recueillons, sur ce point, le témoignage d’un juge singulièrement compétent, qui a consacré sa pénétrante intelligence et plusieurs années d'une vie trop courte à traduire les œuvres de Spinoza, à étudier sa doctrine, à lui appliquer la plus imjxirliale critique: « Comment Spinoza pouvait-il admettre que l’ânie survit à la dissolution du corps, après avoir enchaîné l’âme au corps par une solidarité absolue?... Qu’est-ce que l ame humaine? C'est Dieu en tant qu’affecté d’un mode déterminé de la pensée, se concevant luimême en tant qu’affecté d’un mode déterminé de l'étendue ; en d'autres termes , l’âme humaine est une suite d’idées, liées entre elles par une proportion constante qui représente partie par partie, terme par terme, une suite de modifications de l’étendue unies par une proportion analogue.... L’âme, c’est l’idée du corps, une agrégation d'idées nécessairement liée à une agrégation de molécules corporelles. Pour que l’âme de Spinoza continuât d’exister, il faudrait un miracle, un renversement des lois nécessaires de la vie universelle, ce qui est à ses yeux la plus énorme des absurdités '. »
Voilà un premier argument qui conclut directement contre la possibilité de l’immortalité méta-