‹ L'idée de dieu et ses nouveaux critiquesChapitre 72 sur 89 · Et>ai$ de morale et de critique, p. 6ti · texte numérisé non relu

Et>ai$ de morale et de critique, p. 6ti

le privilège qu'il a de penser le nécessaire et le divin. D’ailleurs, comment une vie future seraitelle possible? M. Renan se moque de l'ancienne hyj)othèse de deux substances accolées pour former l'homme; pour lui l’âme n’a rien de matériel, mais elle naît à propos de la matière. Ce ne sont pas deux substances, mais deux ordres de phénomènes. L’âme est une résultante des forces du corps. « C'est comme l'harmonie d’une lyre. L’harmonie d’une lyre est aussi quelque chose d’invisible, d’incorj»orel, de très-beau et de très-divin. Mais quand les cordes sont rompues, le bois réduit en poussière, peut-on dire que l’harmonie existe encore quelque part?... De même, si notre âme n’est qu’une harmonie, ne doit-elle pas s’évanouir quand notre corps se dissout? » Qui parle ainsi? Simmias, proposant à Socrate, dans le Phédon, les doutes qu’il garde encore, même après les beaux discours de son maître. C’est Simmias qui parle, mais son idée et son image ont fait fortune. M. Renan ne nous dit-il pas, lui aussi, que l’âme est une rt'sultante, mais une résultante plus réelle que la cause qui la produit et sans commune mesure avec elle, à peu près comme l’harmonie d’un concert n’existerait pas sans les tubes et les cordes sonores des exécutants, bien qu'elle soit d’un tout autre ordre que les objets matériels qui senent à la réaliser' ?

Si l’âme est une résultante, il y a des résultantes

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