‹ L'idée de dieu et ses nouveaux critiquesChapitre 77 sur 89 · Terre et eiel, p. 317 etpautm · texte numérisé non relu

Terre et eiel, p. 317 etpautm

d'émigrations. A chacune de ces étapes, marquées sur la route du ciel, elle se dépouille du corps qu’elle y avait pris, attire à elle les éléments nécessaires, et se fait ainsi un organisme nouveau pour de nouvelles destinées, un nouveau corj)S pour de nouvelles terres.

Aller toujours plus loin, toujours plus haut dans le ciel, ce devrait être le vœu de toutes les âmes, comme c'est leur condition. Mais toutes ne suivent pas cette loi suhlime. Elles sont libres et achètent d’un prix terrible ce privilège de la liberté. Elles peuvent démériter par des pensées basses, par des désirs impurs, par des habitudes honteuses, par des actes criminels. Elles sont alors punies , non directement par Dieu, mais par la conséquence attachée par Dieu au |)éché. Ne nous faisons pas des idées grossières du tribunal de Dieu. L’économie merveilleuse de la Providence veut qu’il y ait des lois aussi simples pour les phénomènes spirituels que celles qui régissent les phénomènes physiques. C’est une loi analogue à celle de l’attraction qui préside à la justice distributive des peines et des récompenses, la loi des affinités par laquelle les âmes des morts se trouvent naturellement conduites où il convient à leurs mérites ou démérites, montent d’elles-mêmes à une condition plus haute ou descendent à une condition plus basse, de la même manière que les corps qui, en raison des variations de leur pesanteur, montent ou descendent dans l’atmosphère.

D'apiès cette théorie, la mort est comme le point

de départ d'un faisceau de routes qui rayonnent dans toutes les directions de l’univers , les unes s'élevant, les autres s’abaissant ou demeurant de niveau. La direction que doit suivre notre vie future est dès aujourd'hui entre nos mains, car elle n’est en définitive que le prolongement de notre vie piésente. De toutes ces routes, laciuelle prendre? Celle qui monte tout droit , nous répond M. Reynaud. Sur toute autre, vous êtes condamné à stationner, à ivtrograder, à louvoyer, au lieu que celleci vous mène en ligne directe à l'infini. Et à quelle condition s’ouvre-t-elle? A condition que nous y mettrons franchement le pied dès cette vie. C’est cette voie centrale qtti forme l'axe de l'univers. C’est autour d’elle que tout s’agite, c’est à elle que tout revient. De quelque jioint que partent les aines, quelques perturbations qu’elles éprouvent, vers quelque foyer bintain quelles soient jetées par les tournoiements de leur destinée , c’est toujours à celte ligne qu elles finissent par se rallier. Elle est le rendez-vous commun des justes de tous les temps et de tous les astres; à proprement parler, elle est le ciel'. Sur cette voie, l’homme purifié s’élèvera sans fin, à travers les splendeurs croissantes du monde sidéral mesurées par une loi d’infaillible proportion aux splendeurs de sa vertu. Les saints et les chivtiens de toutes les parties de l’ai’chipel infini s’élanceront à l’envi vers le modèle de l'Homme-

Page 1