‹ L'idée de dieu et ses nouveaux critiquesChapitre 9 sur 89 · C.HAPITHE · texte numérisé non relu

C.HAPITHE

aveugle dans la nature à un travail intelligent; elle alïirme que quand le résultat est atteint, cela se fait sans qu’aucune intelligence l’ait voulu ou pensé, par un simple concours de causes mécaniques, travaillant sans direction, sans plan , par une sorte de fatalité qui n’a rien à voir avec la finalité et qui même l’exclut.

Nous connaissions déjà celte théorie de la nature. Lucrèce l’avait exposée dans des vers d’une précision rare quand il nous dit :

• .... Nil natuiu est in corpore, ut uti • Possemus, sed quod natum est id procréât usum', •

Les organes ne nous sont pas donnés en vue de l'usage que nous pouvons en faire, c'est en se formant qu'ils déterminent l'usage que nous en faisons. N’est-ce pas là, précisément, la théorie de nos modernes naturalistes ? On nous assure que lorsque nous admirons la conformité au but, nous admirons une merveille que nous créons nous-mêmes. Les choses fussentelles tout autres qu’elles ne sont, par l’efiet de causes mécaniques autrement disposées, nous n’en serions pas moins disposés à les trouver conformes au but. Nous ne renoncerions pas pour cela à la merveille; nous l’expliquerions autrement, voilà tout. C’est ici , comme ailleurs , le miracle psychologique se transformant en miracle théologique ; c’est le merveilleux de l’imagination humaine mis à la place du mécanisme universel, seul principe, seule cause.

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