V. Philosophie de Hume, par Compayré. Dialogue, t. II
2 Secrétan précède Mancel chronologiquement ; mais ses écrits sur le sujet eurent moins de retentissement.
3. V. Brampton. Lectures, citées par Zahn. Evolution et Dogme,
ri'
toute explication par Toption nouménale. De cette impuissance à franchir Tobstacle en Tabordant de front est sorti l'agnosticisme contemporain par lequel nous terminons ce chapitre.
Kant et Hume furent surnommés (avec Spinoza) les princes des agnostiques. Le premier concluait cependant de l'argument des causes finales à un architecte très parfait de l'Univers et le second tirait du même argument la preuve qu'il existe un Dieu intelligent et bon. L'infinité et la perfection, disaient-ils l'un et l'autre, ne peuvent être prouvées par la raison discursive; qu'importe si la raison pratique et l'intuition ^ nous en donnent Tassurance !
Hume en particulier fulmine contre ces théologiens mystiques ou « agnostiques » qu'il appelle « athées sans le savoir)). LaUogique de son système l'oblige à ne reconnaître qu'un Dieu fini ; telles sont donc ses conclusions dogmatiques ; mais aussitôt après, s'abandonnant, il écrit : « L'idée « de Dieu, c'est-à-dire d'un être infiniment sage
dances propres à l'esprit autonome, telle que, dit-on, la tendance morale; mais le sentiment moral ne saurait être en opposition avec l'ordre établi.
1. Il ne peut s'agir d'une intuition dépassant l'intelligence, faculté imaginaire et que nous ne possédons à aucun degré. Nous entendons par intuition une vue quasi instantanée de l'esprit résuUant de jugements anciens, conscients ou non, ou de jugements rapides, favorisés par les sentiments, les tendances ou l'imagination.
« et bon, dérive de ce que nous réfléchissons sur « les opérations de notre propre esprit et de ce que « nous concevons comme illimitées les qualités de « sagesse et de bonté' ». Sentiment ou raison, qu'importe, la croyance existe, plus que cela, la
conviction !
C'est au théologien anglican Mancel qu'appartient le premier rang parmi les rénovateurs de l'agnosticisme \ La philosophie, dit-il, ne peut rien nous enseigner sur la « nature de Dieu et les « attributs de son infini, mais elle nous apprend « tout ce que nous pouvons savoir relativement à « notre incapacité de comprendre la nature divine « et nous donne le pourquoi de cette incapacité... « Nous devons concilier la souffrance avec la bonté « infinie, nous le pouvons mais à la condition que « le type de cette bonté ne soit pas la bonté de
K l'homme »'.
Entre une définition trop anlhropomorphique de Dieu, et la négation de tout attribut compréhensible' n'existe-t-il pas cependant un juste milieu ? Mill Va montré, le scepticisme théologique équivaut à la négation de la croyance : celle-ci tient