‹ L'idée de finalité [microform]; finalité générale et finalité individuelleChapitre 17 sur 50 · V. p. 41 et · texte numérisé non relu

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2. A l'époque de Plolin, le Brahmanisme comptait déjà plusieurs siècles d'existence.

Le noumène, moi suprasensible de Kant, s'est rendu coupable hors du temps d'une option fautive dont le moi phénoménal supportera les conséquences; la souffrance est expiatoire. La cause déterminante de nos actions terrestres serait dans Tabsolu. Ce noumène initial est-il individuel, ou n'existe-t-il qu'un seul noumène englobant l'humanité tout entière ? La solidarité des actes en ce monde exigerait, pense Renouvier, un seul et unique noumène. La faute serait alors égale pour tous! Ces objections et d'autres que nous avons signalées plus haut restent sans réponse.

Le noumène de Schopenhauer, c'est la Volonté et rhypothèse de la métempsycose permet d'accorder aux existences successives un caractère progressivement expiatoire. Mais la Volonté hors du monde est inintelligente et inconsciente par définitions comment alors concevoir la faute qu'elle aurait commise en s'objectivant, en prenant corps dans Thomme ? Et la personnalité dédoublée demeurerait en partie dans l'absolu, en partie sur notre planète! Ces contradictions que l'on oppose par ailleurs aux hypothèses nouménales de

1. La Volonté, selon Schopenhauer, étant le principe inintelligent et inconscient peut être assimilée à une force. Plus tard, il est vrai, Téminent écrivain en vint à admettre un certain degré de conscience dans la Volonté. Un seul noumène par conséquent et, de sa faute, l'humanité entière serait responsable.

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Si

Kant apparaissent avec non moins de force dans la métaphysique de son successeur. Inutile d'insister. Ne cherchons pas dans les philosophies dites pessimistes une compensation aux déboires de ce monde ; le qualificatif pessimiste venant précisément du néant qu'elles proposent comme seule fin possible à la malheureuse humanité. Comment expliquer cependant le temporaire succès de ces aviUssantes doctrines ? Sans doute par leur origine étrangère, par la verve du style, par l'échec de certaines espérances sociales', peut-être aussi par le sentiment d'une finalité exigeante combiné avec le refus ou l'impuissance d'y conformer notre conduite.

En résumé, le déterminisme posé, le « mal », en ce qui touche la justice, ne saurait être qu'expiation. L'idée n'est pas sans grandeur ; mais il sera difficile de persuader aux uns et aux autres que l'inégalité des joies et des peines résulte d'une faute antérieure à laquelle nous aurions participé sous le

1. Hartman dont la philosophie est fort goûtée en Allemagne se pose, en tant que pessimiste, comme le successeur de Schopenhauer. Voici comment il explique et justihe la souffrance. La force inconsciente façonne la matière en corps humain et en cerveau. Un jour, par 1 entremise de la sensation, apparaît dans la conscience lidee, 'a représentation du monde extérieur, de l'objet comme motif 'l^JoXani.e individuelle. Dès lors s'établit dans lindividu la latte entre sa volonté irrationnelle, inconsczen/e. incontrôlable et a volonté négaUve ou contraire née de la sensation et cette lutte engendre la souffrance individuelle et générale •

LE PROBLÈME INDIVIDUEL ^7

couvert d'une personnalité ancienne et disparue; on n'arrachera pas des cœurs la croyance très solide qu'il existe une justice, qu'elle ne saurait être satisfaite par une substitution de personnes, que les souffrances mdividuelles imméritées auront leur dédommagement.

Pour les Panthéistes', le problème individuel se résout par l'optimisme. Tout est bien parce que tout est Dieu. L'Esprit, dit Hegel, renferme les contraires en tant qu'idées; il contient le parfait et l'imparfait, l'identité et la non-identité, le bien et le mal, etc., etc., et le mal jaillit de lopposi-

tion du fini et de l'infini, de l'intelligence et de la matière. Dans le Suprême se rencontrent les deux principes opposés. L'hypothèse est simpliste ; elle définit la question au lieu de la résoudre^ l est flatteur de se poser en objeclivation parfaite de l'idée • de prévoir l'ascension glorieuse de notre moi el sa rentrée, escorté de tous les contraires, dans l'Esprit, mais le sentiment de justice ne s'accommode pas d'un tel relâchement de son principe et à ces perspectives glorieuses 1 on prefërera sans doute des réalisations plus assurées.

^ 1. Le panthéisme ^^épUen admet la H ^^^X^l

cadre de l'Idée; la seule >'bff P^^f^^^^^^^Mais celle-ci est

reusement déterminé.

Si révolution de Tidée, comme dans Hegel, ou révolution de Fidée et de la matière comme dans Spinoza, aboutit à une sorte d'optimisme confiant et résigné, Févolutionnisme intégral, quand il englobe les êtres vivants, soumet l'humanité aux inflexibles lois, dites lois d'airain, et nous interdit en principe toute velléité d'espoir. Aussi bien l'anéantissement par cataclysme cosmique, cette fin lamentable que le monisme réserve à notre planète, serait aussi le terme de notre destinée individuelle. Le problème delà souffrance se résout parle plus déprimant pessimisme. Cependant à de telles et si hypothétiques conclusions, notre adhésion ne saurait être que bien rarement sincère. La révolte de notre être n'est pas alors, comme on se plaît à le dire, un simple réflexe de l'instinct de conservation; il est autre chose pour l'individu pensant. N'est-ce pas violenter la raison que de refuser à V Immanent les qualités d'intelligence et de justice que nous considérons comme les glorieux privilèges du genre humain ! « Les forces inintelc( ligentes de la nature, la matière et ses lois, « auraient développé par le simple effet du hasard c( des forces qui leur sont supérieures *. » Est-ce possible ?

Aussi bien Spencer, le fondateur de l'évolution-

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