‹ L'idée de finalité [microform]; finalité générale et finalité individuelleChapitre 19 sur 50 · V. pp. 14 et · texte numérisé non relu

V. pp. 14 et

3. Nous montrons plus loin que loin de combattre la finalité, le transformisme, tout en la considérant sous un angle spécial, en est un ferme soutien et l'établit par les plus solides arguments.

LE PROBLÈME INDIVIDUEL

considérer au-dessus de T Univers une volonté globale intelligente, tout indéterminable par ailleurs qu'on la suppose, nous oblige à rejeter pour un élément quelconque de son œuvre et à plus forte raison pourThomme une finalité totalement dépourvue de sens, par conséquent inexistante.

B. Les systèmes indéterministes.

Les partisans du libre arbitre lorsqu'ils envisagent le problème individuel aboutissent à des conclusions identiques dans les grandes lignes et ne différant que par le détail. Partout se retrouve l'hypothèse d'une ou plusieurs vies futures avec personnalité (conscience et mémoire) plus ou moins conservée. Comment? on ne le dit pas. La probabilité ou du moins la possibilité d'une faute originelle en ce monde se présente sous l'aspect de rintelligence prenant graduellement possession d'elle-même et s'affîrmant dans l'acte volontaire ; la douleur revêt le caractère d'épreuve et la justice est satisfaite par les compensations ou les châtiments dans l'au-delà : comme récompense finale et souverain bien, quelque vision de la divinité ^

1. On n'envisagera pas sans réserve toute hypothèse finaliste de l'absorption en Dieu ou de la vue béatifique totale. L'expérience psycho-physiologique contredit ces conclusions ; elle prouverait la nécessité d'un corps en toute vie future et

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Tel est le cadre dans lequel, sauf variations de détail, se renferment les philosophies indéterministes. Aristote par exemple admet la survie de l'intellect actif avec conscience, mais sans mémoire, jusqu'à l'absorption définitive dans le divin ; Spinoza, la vision béatifique sans conservation de la personnalité, ou du moins avec une personnalité réduite à la conscience intuitive ; d'après Leibniz la récompense future consiste dans Tintelligence progressive de Dieu; Renouvier, Secrétan, etc., etc., hésitent devant la conservation de la personnalité, pierre d'achoppement de toute philosophie ; ils l'admettent sans l'expliquer. L'évolutionnisme mitigé, enfin, se plie indifféremment aux conclusions de toutes les philosophies indéterministes comme aussi de toutes les religions, y compris le dogme chrétien.

Un pas en avant nous transporte dans Tactualité et nous rencontrons en première ligne l'œuvre si originale de Bergson. D'après ce penseur, notre intelligence aurait pour fin de s'absorber dans l'intuition ; elle saisirait enfin l'élan vital dans ses manifestations infinies et notamment dans ses rapports avec l'humanité*. De cette concentration

par conséquent l'impossibilité de l'absorption et Timpossibilité non moins grande de connaître l'infini avec un cerveau fini (V. Les inconnus de la Biologie, Paris, Alcan, 1913).

1. La liberté admise par Bergson exclut a priori le panthéisme contre lequel l'éminent philosophe a toujours pro-

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g2 l'idée de finalité

des intuitions fugitives vers l'action totale, sorte de vision transcendante, découlerait le sentiment exalté de la solidarité qui nous lie à nos semblables, de même que, par un effet réciproque, la pratique de cette solidarité nous ramène à l'intuition des causes ; c'est ainsi que l'intelligence réhabilitée se confondrait avec la source d'où elle sort, l'intuition. Le dénouement serait après des vies successives la dématérialisation de l'élan vital et notre rentrée dans la vie de l'esprit !

lesté, et d'autre part le « rudiment de choix » par lequel il tempère la brutalité de l'évolution suppose, au-dessus, une pensée directrice et consciente.

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