V. Janet et Séailles, op. cit
3. L'homme in esse, dans l'être nous apparaît selon Schopenhauer dans son caractère intelligible, tel qu'il est sorti de la Volonté, avec un grand V. L'homme « in operari » (dans Fagir) est dans ses actes. Nos actes ne sont donc pas libres; le caractère de chacun est un acte libre. 11 est à remarquer qu'ici le caractère aurait été façonné par un choix hors du
L'hypothèse écartée, et à mesure que s'affirme l'importance des complexus psychiques dans la formation des caractères et la conduite humaine, elles deviennent inintelligibles, et n'atténuent à aucun degré, est-il besoin de le dire, le déterminisme le plus rigoureux.
Citons encore à titre d'exemples, comme inventeurs de petites libertés, Locke, Leibniz et A. Fouillé. Le premier dans son « Essai sur l'entendement humain » confond intentionnellement la liberté de vouloir avec la puissance de faire : l'homme serait libre s'il pouvait faire ce qu'il veut; Leibniz partisan résolu du déterminisme psychologique, croit atténuer la rigueur de ses conclusions en posant que, logiquement, le contraire de l'acte accompli serait possible, et longuement il développe cet argument; plus près de nous, A. Fouillé cherche à trouver dans le déterminisme même une sorte « d'équivalent pratique et d'approxi- <( mation indéfinie du libre arbitre, grâce à une
temps, antérieurement au monde qui n'est que pure représentation. De même Kant pose dans le noumène, hors du temps, l'acte libre d'où sortira le caractère de chacun. D'après Plotin la nature individuelle ne dépend-elle pas de l'option libre des âmes qui hors du monde choisissent de se faire dans les corps une existence séparée; et dans la suite la doctrine de la métempsycose n'implique- 1 -elle pas une déchéance ou une récompense dans l'état de chaque vie future 1 Qu'il s'agisse donc de Kant, de Schopenhauer, ou de Plotin, le caractère de l'homme est plus ou moins le résultat d'un acte libre antérieur et l'on comprend alors le sens de cette formule que « la liberté est dans Têtre non dans l'agir ».
1^6 L IDÉB DE FINALITÉ
(c succession de moyens termes qui rapprochent « les extrêmes; idée de liberté, désir de liberté, « amour de liberté. — La liberté nest plus im « pouvoir magique ou une chose faite ^ mais une « /tu, une idée qui ne se idéalise que progressif « vement et méthodiquement par le moyen d-un « déterminisme régulier^ y>,
« Nous savons ce que nous voulons », répondaient à Locke il y a deux siècles les partisans du libre arbitre. Ils pensent de même aujourd'hui et c'est en vain que par de telles subtilités Ton s'efforce de concilier les contraires et de transformer le déterminisme en liberté.
Il est donc entendu, et l'on est aujourd'hui unanimement de cet avis, que l'opinion sur la liberté est, surtout, affaire d'inclination ; les arguments manquent d'un côté comme de l'autre et le choix est permis. Cependant détruire ou magnifier les preuves en tous sens, selon les circonstances, les culbuter ou les exalter au gré du hasard, puis ce travail accompli, dogmatiser bruyamment sur les ruines, c'est aller trop loin» dans l'incohérence sentimentale. Le cas n'est pas isolé, prenons un
exemple.
Un philosophe contemporain dont Tœuvre bien