‹ L'idée de justice: dans la conception de l'univers chez les premiers philosophes grecs: de Thalès à HéracliteChapitre 22 sur 53 · LA LÉGALITÉ · texte numérisé non relu

LA LÉGALITÉ

main $): Dieu lui-même en assure le respect en châtiant quiconque les viole f). Ainsi l’on ne parle plus de Thémis, principe de vie conforme aux coutumes et aux besoins de la société, ni même de Dikè, jurisprudence s'imposant comme une nécessité 7). Ce que nous avons ici, c'est tout à fait une Nomos, volonté supérieure faite spécialement pour l’homme et le soumettant à son autorité. C’est qu’en effet on ne recherche pas les lois physiques des choses, ni même les lois de la société, mais les lois morales de la conduite individuelle. Seulement l'effort va se porter sur le caractère rationnel de cette loi, en ce sens que l’on va chercher à l’expliquer rationnellement: et ce sera le rôle de l'idée d'harmonie.

On avait en effet gardé de la tradition orphique la conviction qu'il était nécessaire pour l’âme de sortir de la « roue des naissances ». Mais on a insisté sur les moyens d’y parvenir: le corps est une prison et on ne s’en délivre que par la Justice, laquelle est essentiellement harmonie 8).

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