‹ L'idée de l'Église: Dans ses rapports avec l'ÉtatChapitre 10 sur 12 · NT ND · texte numérisé non relu

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rentes ? Combien ceux qui se sont éloignés ne reviendront-ils pas plus facilement s'ils se sentent chez eux du jour où ils se rapprochent ? Combien d'indécis, de timides ne sont-ils pas retenus par le fait qu'en venant ils seront considérés d’abord comme des prosélÿtes, des chrétiens de seconde: Classe! Plût à Dieu qu’il n’y eut pas de faibles dans nos églises! Mais puisque Dieu a permis qu'il y en eût, il est capital qu'ils se sentent chez eux dans la maison spirituelle qui les abrite. Qu'ils y soient des enfants, soit! qu’on ne leur confie pas des fonctions qui ne conviennent qu'aux forts, nous en sommes d'accord! Mais si l’on veut vraiment qu'ils grandissent, qu’on n'établisse pas entre eux et ceux qui les ont précédés, d’autres barrières que celles qui, dans une famille, sont entre parents et enfants.

La raison capitale qui nous fait préférer le régime de l'union, c’est que nous sommes profondément convaincus que les Eglises nationales seules peuvent être réellement multitudinistes, et que les quelques églises libres qui ont inscrit ce principe sur leur drapeau sont la victime d'illusions généreuses mais décevantes.

Mais si l'union avec l'Etat a de précieux avantages, on ne peut se dissimuler qu’elle présente aussi des inconvénients. Cette union revêtaut la forme d’un contrat ou d'un quasi-contrat, les parties contractantes ont nécessairement dû se faire des concessions. Or, qui dit concessions dit limitation consentie de sa liberté d'action. Si ces concessions ont été trop loin, si elles ont porté sur des points où l'Eglise devait réserver son indépendance,

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