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Jésus - Christ, l'Eglise doit être libre. Elle ne saurait considérer comme normale une situation où quelque autorité extérieure exercerait sur elle une pression telle que son action bénie serait entravée. Ce serait une mauvaise organisation que celle où les conducteurs de l'Eglise seraient exposés à devoir répondre aux représentants du pouvoir civil ce que Pierre et Jean durent dire naguère aux chefs des Juifs : Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.
Comme cependant aucune forme de constitution ecclésiastique ne peut écarter d’une manière absolue la possibilité de tels conflits, certains esprits ont cru désirable de réduire au minimum les contacts entre la société civile et la société religieuse et pour cela ont réclamé la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Dans un tout autre esprit, une fraction nombreuse des partis politiques avancés donne son adhésion à la même solution, dans l'intérêt cette fois, non de l'Eglise, mais de l'Etat.
Parmi les nombreux problèmes qu'agitent nos contemporains, il en est peu qui soulèvent autant de passions que celui-là. Et l’on comprend bien l'ardeur que tous apportent à faire prévaloir le parti qu'ils ont embrassé. Car les mesures prises dans ce domaine sont de celles qui éveillent dans la vie des peuples l'écho le plus grand et le plus immédiat; l'Etat et l'Eglise en sont tous deux pro-
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fondément affectés, et l'un et l’autre sont exposés à payer bien cher toute erreur.
. Aussi rien n'est-il plus légitime que l'intérêt avec lequel le législateur étudie ce difficile problème. Mais quel que soit le résultat de ses méditations, nous ne saurions admettre qu’il pense à le faire passer dans la pratique sans s'être assuré que l'Eglise ne s'oppose point à ce qu'il projette. Toute décision imposée par l'Etat seul devrait être considérée comme oppressive pour l'Eglise et dans cer-
tains cas pour la conscience.
Nous n'avons du reste pas l'intention d'entrer ici en discussion avec les partisans de la séparation au point de vue de l'Etat. Nous entendons rester sur le terrain purement ecclésiastique, et là, nous demander d’abord si la question est dominée par quelque principe absolu qui contraindrait l'Eglise à se refuser immédiatement et sans plus ample examen à certaines des solutions proposées, puis, si la réponse à cette première question est négative, quels fruits on peut attendre pour la réalisation de l'idéal de l'Eglise soit du régime de l'union, soit de celui de la séparation.