DU PRINCIPE
Pour reconnaître s'il existe un principe absolu dans la question, nous devons rechercher d’abord s'il y a dans les enseignements bibliques quelque parole qui lie sur ce point ceux qui veulent rester soumis à la révélation de Dieu, puis nous demander si la notion mème d'Eglise, telle qu'elle s’est développée parmi nous sur le fondement de l'Ecriture n'implique pas comme conséquence nécessaire une certaine solution du problème qui nous occupe.
On a tenté à plusieurs reprises de donner une base biblique soit à la théorie de l'union avec l'Etat, soit à celle de la séparation. Il ne nous semble pas que le succès ait couronné ces efforts.
En faveur de l’union on a relevé la constitution donnée à l'autorité dans le peuple de Dieu de l’Ancien-Testament. Les liens les plus étroits rattachaient l’une à l’autre dans la théocratie israélite le pouvoir civil et la religion. Quelques-uns ont cru pouvoir en conclure qu'il doit en être de même pour le peuple élu de la nouvelle alliance. Les docteurs catholiques surtout insistent volontiers sur
cette analogie. Leur argumentation ne nous paraît pas convaincante. L'objet éducateur spécial que Dieu poursuivait alors en Israël explique suffisamment les voies par lesquelles le peuple a été conduit. L'exemple historique que l’on invoque autorise bien à dire que Dieu a voulu l'union des deux pouvoirs dans l’ancienne alliance. Il serait excessif d'en conclure qu’il doive nécessairement en être de même dans la nouvelle. Tout au plus pourraiton dire que cet exemple montre que l'union n’a rien en soi de contraire à la volonté de Dieu, et qu’il y a des circonstances où l’on peut s’y prêter sans infidélité.
En sens inverse, nous ne pouvons pas davantage accorder notre adhésion à l'argumentation de ceux qui nous disent: L'Eglise primitive n’a été rattachée à l'Etat par aucun lien; la volonté de Dieu est qu'il en soit de même pour l'Eglise de tous les temps. On comprendrait jusqu’à un certain point la portée de l'argument si les conducteurs de l'Eglise apostolique avaient eu le choix, s’il avait dépendu d'eux de conclure un accord avec l'Etat ou de s’en abstenir. Mais on sait bien qu'ils n'ont pas eu à se prononcer sur ce point; et par suite, . l'argument que l’on produit n’a aucune valeur probante.
Sur cette question, comme sur bien d’autres, il faut se garder de vouloir arracher à l'Ecriture des réponses toutes faites que les auteurs sacrés n'ont pas eula volonté de nous donner. L'Evangile nous a apporté une vie nouvelle dans l'union avec Dieu par Jésus-Christ. I1 n’a pas voulu lier cette vie nouvelle